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Trans et les Transians au fil du temps, mon exposition en 2006

par Nadine 3 Décembre 2010, 23:00 Trans en Provence

   


En août 2005, j'ai décidé de faire une exposition dont le thème serait mon village : Trans en Provence. J'avais déjà fait ou participé à d'autres d'expositions, à Trans en Provence, aux Arcs-sur-Argens, à Ampus, à Roquebrune-sur-Argens, sur la généalogie notamment, j'étais donc "rodée". Mais celle-là, pour moi, elle était particulière, un défi en quelque sorte. Parfois, des personnes du village me disaient : "C'est quand que tu refais une exposition ?" En effet, j'en avais déjà fait une à Trans en 1994 à l'Hôtel de Ville sur la généalogie, puis dans le cadre d'une kermesse en 1996 mais cette dernière n'avait duré qu'un jour. J'avais mis 290 photos et cartes postales anciennes et j'avais eu environ 400 visiteurs au cours de cette journée. Alors, l'idée a germé dans ma tête d'en refaire une. Pour faire plaisir aux transians et pour me faire plaisir...
Cette fois-ci, il fallait que j'en fasse une dont tout le monde se souviendrait. J'y ai donc mis tout mon coeur, toute ma passion, toute mon énergie, toute ma volonté, tout mon savoir faire, comme à mon habitude.

Je savais qu'avec ma maladie, une opportunité pareille ne se représenterait peut-être jamais. J'ai donc commencé la préparation fin août 2005 et j'avais fini fin janvier 2006. Il faut vous dire que j'ai travaillé tous les jours parfois jusqu'à deux heures du matin et la plupart du temps debout devant la table de la salle à manger pour monter mes panneaux de photos. L'exposition "Trans et les Transians au fil du temps" devait avoir lieu du 26 avril au 8 mai 2006 à l'Hôtel de Ville. J'étais donc plus que prête.
Au mois de mars, j'ai décidé d'ouvrir un blog sur Over-blog qui se voulait être un préambule à cette exposition. Je l'ai fait avec l'idée d'attirer ainsi les gens et présenter quelques-unes de mes photos en avant-première...
Au total, j'ai fabriqué plus de 70 panneaux, collé plus de 500 photographies, cartes postales anciennes et coupures de journaux. Présentation de Trans en Provence, son histoire, son patrimoine, ses industries (disparues de nos jours), mais surtout ses habitants de 1890 à nos jours pratiquement. J'ai tout classé par thèmes. L'école (84 photos), la mode d'antan, les gens au travail, le corso fleuri de 1926, les conscrits, les communions, les mariages, les fêtes, les vendanges, les magasins, le stade transian, etc...
Des mois de travail acharné, à scanner les photos, à mettre les noms avec l'aide des gens - ce qui implique d'aller chez eux ou de les faire venir chez moi - à taper des articles pour retracer l'Histoire du village, à monter les panneaux de canson, à coller les photos et les documents. Un travail de romain réalisé toute seule. Ma maman m'a aidé à finaliser en plastifiant les panneaux pour protéger les photos. Mais le soir de l'inauguration et les jours qui ont suivis, qu'elle récompense pour moi !
Monsieur le Maire m'a offert un livre d'or où les visiteurs ont pu inscrire leurs impressions et que je garde précieusement.
Les transians sont venus nombreux, tellement nombreux. J'ai eu aussi la visite d'amis généalogistes, de collègues de bureau. Et cerise sur le gâteau, trois classes de notre école primaire Jean Moulin sont venues visiter l'exposition. Les élèves avaient préparé des questions avec l'aide de leur instituteur ou institutrice sur l'histoire du village. Je me suis volontiers prêtée au jeu.
Mais tout cela a dépassé ce à quoi je m'attendais. J'ai eu plus de 2000 visites.
Et certains sont venus de loin...
J'avais confié à mon papa, la tâche de compter les visiteurs en faisant de petites barres sur un cahier. Nous étions présents tous les jours de 10h à 12h et de 15h à 18h. Je n'ai jamais eu le courage de repousser les visiteurs qui venaient à l'heure de la fermeture. Parfois, je terminais à 21h. Des personnes se sont proposées pour m'aider à garder l'exposition. Robert Garcin a fait le "guide" pendant deux ou trois après-midi.
Certains visiteurs sont venus tous les jours, d'autres m'ont tenu compagnie.
Ils se voyaient sur les photos quand ils étaient jeunes, redécouvraient leurs parents, leurs enfants, un grand-père, une grand-mère, des amis, etc...
Certains n'avaient aucune souvenance de ces clichés oubliés au fil du temps.
Des personnes se sont retrouvées alors qu'elles s'étaient perdues de vue depuis 30 ou 40 ans, elles s'interpellaient de l'une à l'autre, d'autres très émues ont pleuré de joie, d'émotion (j'ai détendu l'atmosphère en leur disant que je n'avais pas prévu la boîte de mouchoirs). Parfois, dans la salle principale à l'étage (l'exposition était répartie dans les trois salles du premier étage et le grand hall d'entrée au rez-de-chaussée), on ne s'entendait plus. J'avais la tête comme une cougourde ! Un brouhaha de voix diverses. Des "ho !" et des "viens voir par là". J'étais tiraillée de tous les côtés, tout le monde me réclamait à la fois. "Dis moi sur quelle photo je suis ? Où est ma soeur, je ne la vois pas ?". Ma maman m'aidait car je ne connaissais pas tous les gens présents.
"Oui, je veux bien, mais qui êtes-vous ?"
Les gens me confondaient avec ma mère et me parlaient d'eux ou des leurs comme s'ils s'adressaient à elle. Confusion des générations.
J'ai revu des copines d'école. Et dire qu'on avait 10 ou 11 ans à l'époque !
Et puis, il y a eu ceux qui m'ont dit : "Mais chez moi, j'en avais des photos, pourquoi tu ne m'as rien demandé ?". Mais cela faisait des mois que je le disais à tout le monde : "Vous n'avez pas des photos à me prêter ?" Et pendant toute la semaine, les gens sont revenus m'apporter leurs photos. Je les ai donc re-scannées, ça a duré jusqu'au dernier jour... Finalement, j'ai du afficher sur les murs, sur les portes car tous les panneaux sur pieds étaient pleins !!! Au juste, je n'ai pas su combien j'ai rajouté de photos. J'en ai utilisé des rouleaux de scotch et des tubes de colle !
Tout le monde était touché que je fasse revivre le village, son passé, leur passé et leur jeunesse. Mes parents et moi étions ravis. Je savais que mon père même s'il ne me l'a jamais dit était fier de moi (pudeur d'un père).
Merci, merci, merci...
  

Pour moi qui suis passionnée par les archives de tous genres (documents, livres, plans, journaux, photographies, cartes postales anciennes, etc...) le plus difficile a été de travailler sur les coupures de journaux car ceux qui me les ont confiées, à part quelques rares exceptions, n'ont pas pensé à indiquer la date de parution du journal.
C'est hélas une constatation : tout le monde agit de la même façon !
On découpe l'article mais on ne pense pas que la date peut être importante un jour... et on continue de le faire encore maintenant.

Pour les photographies, c'est la même chose.
On a tous chez soi des photos sur lesquelles figurent des personnes dont nous ne savons pas ou plus qui elles sont.
Combien m'ont dit : "Ce sont des photos que j'ai trouvées chez ma mère ou ma grand-mère dans un album, un carton, dans un buffet ou au grenier, mais, il n'y a pas de noms dessus, je ne sais pas qui c'est. Le pire est que je ne sais même pas si ce sont des gens de ma famille". Et oui, et c'est fort regrettable !
Je prendrais pour exemple Raymonde Crecchi chez qui je suis allée et repartie avec quelques 70 photos (que je lui ai rendues par la suite bien entendu). Et bien, certaines sont restées pour toujours anonymes. Dommage !
Mais pour l'exposition, avec une énorme dose de bonne volonté, beaucoup de patience et surtout l'aide précieuse des transians, surtout des anciens, je pense à Marie-Thérèse Jugi, à Jeannette Bianchi, à Lucienne et Ange Rossini, etc... à qui j'ai fait appel et qui ont fait travailler leurs cellules grises pour la circonstance, j'ai réussi à identifier de très nombreuses personnes et à pouvoir inscrire leurs noms sur une très grande majorité de photographies. Je cite aussi Robert Garcin, Eliane Isnard, Huguette Pelissier (mon ancienne institutrice), Jean-Pierre Jugi, excusez-moi, si j'en oublie...
Merci à vous toutes et tous.

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