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Les animaux à la potence

par Nadine 25 Février 2008, 00:26 Archéologie - Généalogie - Géologie


Passionnante conférence de l'abbé Boyer sur les procès d'animaux au moyen âge. Il n'était pas rare que l'on juge et pende en public les bêtes coupables.
Devant un auditoire fasciné, cet érudit qui sait manier aussi bien le savoir que l'humour a évoqué les procès médiévaux d'animaux, qu'il s'agisse de porcs, mais aussi de toutes sortes de bêtes : chiens, chats, chevaux ?

Ce rendez-vous intervenait autour de la très belle exposition de la chapelle de l'Observance sur Draguignan au Moyen âge.


 L'abbé Boyer a été accueilli par Charles Clairici et le Dr Pierre-Jean Gayrard. : Roland Gal


L'abbé Raymond Boyer, le conférencier

Les animaux à la potence


"Cette pratique, pour laquelle on a pu relever jusqu'à une soixantaine de cas entre le milieu du treizième siècle et le milieu du seizième, s'explique,

On distinguait à l'époque les procès civils et les procès criminels, en fonction de la faute commise par l'animal. Au civil, le vol de nourriture ou le saccage d'un champ, au pénal le drame d'une truie qui avait dévoré un bébé ou un cheval qui avait provoqué un accident mortel.

Les animaux pouvaient être jugés à titre particulier ou avec leur propriétaire, s'il était identifié et l'on a même pu assister à des procès de sorcellerie conduisant à la barre un animal et son maître !

Les cochons étaient les plus nombreux à passer en jugement, tout simplement parce qu'ils pullulaient littéralement dans les contrées médiévales.

Les présumés coupables à quatre pattes étaient proprement jetés en prison avant leur passage devant leurs juges !

L'animal condamné à mort était finalement conduit à la potence ou au gibet et pendu (avant d'être brûlé) en bonne et due forme, non seulement devant la population, mais en présence obligatoire du troupeau auquel il aura éventuellement appartenu "afin de servir d'exemple", précisait l'abbé Raymond Boyer.

 

Un avocat pour mon cochon


Dans tous les cas, l'animal "prévenu" se voyait adjoindre un avocat commis d'office et, selon le talent de celui-ci et l'examen objectif des faits, la bête pouvait être acquittée. On pense au cas d'un chien soupçonné d'avoir dévasté un poulailler, l'enquête démontrant finalement que le renard du coin était le coupable.

L'abbé Raymond Boyer se garde bien de ridiculiser ces pratiques : "On ne doit pas juger le passé par rapport à nos cultures et nos sensibilités, mais faire preuve d'une compréhension rétrospective, bien de nos habitudes actuelles pourraient être moquées dans quelques siècles !" 


 La chapelle de l'Observance est un lieu magnifique pour les expositions. Malheureusement, il est encore trop mal adapté aux conférences et à plus forte raison aux concerts qui pourraient s'y dérouler. La réverbération du son le long des murs et voûtes est telle que les propos des conférenciers sont parfois totalement inaudibles. Des études ont été réalisées par la ville, mais il semble qu'aucune solution ne soit encore envisagée de façon certaine, notamment à cause du coût des installations à mettre en place.

Des travaux en ce sens seraient pourtant indispensables.

Cochon qui s'en dédit !

J-M. D.

Var Matin

 

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