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Les âges de la vie

par Nadine 26 Mars 2008, 23:00 Coutumes - Folklore - Traditions

 

De nombreuses coutumes marquent les différentes étapes de la vie, le premier et le dernier jour. Vivaces à l'époque qui nous concerne, certaines perdurent jusqu'à nos jours.

 

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A la naissance, la mère était assistée par une femme expérimentée du voisinage "la buono fremo" (la bonne femme) et la superstition voulait que le nouveau né ne sorte pas avant le baptême qui devait avoir lieu dans les trois jours suivant la naissance. Le parrain de l'aîné était le grand-père paternel qui transmettait son prénom à son petit-fils.

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Quand on choisissait le parrain et la marraine en dehors de la famille, on prenait deux jeunes gens
qui "se fréquentaient". Ils devenaient "compaire" (parrain) et "coumaire" (marraine) et finissaient tôt ou tard par se marier.

A la sortie de la cérémonie, à laquelle la mère n'assistait jamais n'ayant pas fait ses "relevailles", le parrain jetait sous et dragées 'lei sucrau" aux enfants qui suivaient le cortège en criant : "Buon peirin, douna'n pau d'estrenadoun !" (Bon parrain, donnez-nous quelques étrennes) ou "Peirin couguou ! Meirino machoto !" (Parrain cocu ! Marraine chouette !) si le parrain se faisait trop prier.
  L'enfance s'écoulait rythmée par l'école, la communication avec l'étape finale de la conscription pour les garçons, le mariage étant préparé par la confection du trousseau pour les jeunes filles.




A Castellane dans les Alpes-de-Haute-Provence, le rite médiéval de "la peloto" (la pelote) a duré jusque vers 1940. Quand une jeune fille épousait un
étranger du pays, le jour de la publication des bans, les jeunes garçons tiraient des coups de fusil sous la fenêtre de la fiancée pour l'honorer : "Li faien la peloto" (ils lui faisaient la pelote). Les parents invitaient alors à boire ces jeunes gens.
Le fiancé devait leur remettre de l'argent pour qu'ils fassent bombance en l'honneur des "nòvi" (mariés). Mais s'il était trop "rachou" (avare), les jeunes faisaient un charivari sous les fenêtres de la fiancée avec sonnailles et casseroles.



Cette scène se répétait lors du mariage. A la Palud, l'expression consacrée était "s'anan faire paga la fiho" (nous allons faire payer la fille).
Le charivari était aussi de rigueur lors du remariage d'un veuf ou d'une veuve, ou quand un couple était trop mal assorti.
Les jeunes gens faisaient alors force tapage sous les fenêtres des époux le soir et pendant plusieurs jours si nécessaire, jusqu'à ce qu'ils reçoivent suffisamment d'argent.
A Castellane, immédiatement après la messe de mariage, la noce montait à Notre-Dame du Roc assister à une autre messe avant le repas de fête. Celui-ci avait généralement lieu dans une grange aménagée à cet effet.
La mariée, à certain moment du repas, devait manger dans l'assiette de son époux.

Pendule

 

Les rites de la mort se sont conservés jusqu'à ce jour. On ferme les volets, voile les glaces et arrête les pendules.

On place près du corps du défunt, revêtu de ses plus beaux habits, un cierge allumé et un récipient d'eau bénite où trempe un brin de buis des Rameaux pour bénir le mort. Le cierge ne doit pas s'éteindre. Le décès est annoncé par "lei clar" (le glas). Il y a une cinquantaine d'années "la figo" ou "badrouieto" (sacristine) faisait lei assaché, "fahié sapé la mouort" (elle faisait savoir la mort) ; elle annonçait de porte en porte le nom du mort et la date de l'enterrement.
On devait aller "plagne lou doù" (plaindre le deuil), visiter le défunt qui n'était jamais laissé seul : on se relayait pour le veiller en récitant des chapelets.
Au début du siècle, à l'enterrement de 1ère classe, les dames de la Congrégation de la Miséricorde (bourgeoisie de Castellane), tenaient le drap mortuaire. La famille faisait dire une messe de neuvaine après laquelle on prenait le deuil qui était respecté scrupuleusement.
 
 
Source : Vie et Traditions à Castellane et dans la Vallée du Moyen Verdon - Bulletin de l'Association Petra Castellana.
 
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