Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La tortue d'Hermann

par Nadine 3 Avril 2008, 22:00 Faune - Flore

 

Vendredi dernier, je suis allée me promener avec ma maman. J'avais pris soin d'emporter mon appareil-photo au cas où... C'est au cours de cette balade que j'ai rencontré Zoé.
Zoé est une jolie petite tortue d'Hermann âgée de deux ans. Sa maîtresse nous a expliqué qu'elle l'a trouvée un jour sur son terrain avec une autre tortue. Elle s'était mise à lui dévorer ses fraisiers. Mais elle était régulièrement attaquée par les pies. Elle a donc décidé d'adopter les deux tortues pour les protéger. Zoé ne mange pas que de l'herbe et de la salade. Elle mange aussi des courgettes cuites, des haricots cuits, de la viande crue, du fromage (gruyère et comté rien que ça !) et des abricots. Elle ne consomme pas les tomates par contre, cela ne lui plaît pas.
Il paraît qu'elle aime bien se blottir dans les pattes du chat de la maison. Et que c'est lui qui va la dénicher quand sa maîtresse ne la trouve plus.
Je dois vous avouer que j'ai eu tout de même un peu de mal à lui faire prendre la pose à Zoé. Ne rigolez pas, c'est fou ce que ça trotte vite une tortue !
Je vous emmène donc à la découverte des tortues d'Hermann.


La tortue d'Hermann (Testudo hermanni), également appelée tortue des Maures, est une tortue terrestre de la famille des Testudinidae découverte en 1789 par Johann Friedrich Gmelin. C'est une tortue considérée en voie d'extinction.

La tortue d'Hermann est la seule tortue terrestre de France : elle est présente dans la plaine et le massif des Maures et en Corse. Si elle ressemble à ses cousines italiennes, espagnoles ou corses, ce sont pourtant des tortues génétiquement différentes et la tortue d'Hermann varoise est unique au monde.
Elle mesure de 18 à 20 cm à la taille adulte (le mâle étant légèrement plus petit que la femelle). La couleur jaune prédomine sur la carapace, en contraste avec les taches sombres qui s'y trouvent. La queue est plus longue chez le mâle. Elle se distingue des autres tortues par les bandes de couleur noire continues sous le plastron. C'est la sous-espèce la plus menacée, et elle est d'ailleurs classée comme "en danger"  par l'IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature).
L'espérance de vie des tortues dans la nature est inconnue. En captivité elle peut atteindre 100 ans, plus souvent entre 60 et 80 ans. Cette longévité s'explique par un métabolisme adaptable aux conditions exterieures mais surtout par le fait que si elles survivent aux six ou sept premières années de leur vie, elles ne craignent plus par la suite les prédateurs qui se heurtent au problème de la carapace... sauf l'Homme bien sûr, les machines et les chiens domestiques (qui les considèrent comme des os à ronger et provoquent des blessures).

Les tortues sont des animaux à sang froid qui doivent s'adapter à la température ambiante pour assurer un bon métabolisme. S'il fait froid, elles doivent d'abord trouver un endroit pour se réchauffer. S'il fait trop chaud, elles doivent impérativement se mettre à l'ombre. Dans la nature, elles font aussi de longues distances pour aller boire régulièrement (toutes les deux semaines environ en période chaude).

Tôt le matin, elles quittent leur gîte de nuit, dès qu'elles sont réchauffées et partent en quête de nourriture, des feuilles, des fleurs, des fruits, parfois des escargots et des vers. A midi, le soleil étant haut, elles se mettent au frais dans des buissons et ressortent en fin de journée. Dotées d'un excellent sens de l'orientation, elles se repèrent parfaitement dans l'espace grâce aux champs magnétiques de la terre et au soleil, et sans doute grâce à une très bonne olfaction et à la mémoire de leur environnement. En fin de journée, elles quittent leur gîte pour se nourrir à nouveau.




Les tortues sont extrêmement attachées à leur lieu de vie, c'est pourquoi elles essaieront sans cesse d'y retourner si on les en déplace. Certaines de celles qui ont survécu aux feux de 2003 ont été observées comme retournant sur leur lieu de vie ou continuant à le fréquenter malgré sa dévastation.
En espace naturel méditerranéen, les tortues creusent leur abri d'hibernation au pied d'un buisson, et en changent d'année en année, même s'il semblerait qu'elles hibernent quand même dans la même zone de leur domaine vital. Elles hibernent de novembre à février. A ce moment, le rythme cardiaque et la respiration s'abaissent notablement, elles ne dorment pas à proprement parler, il s'agit plutôt d'une sorte de léthargie. Les tortues en captivité doivent également hiberner, c'est un besoin vital pour elles.
Mâles et femelles vivent de manière solitaire et ne se rencontrent que pour l'accouplement. La parade nuptiale comprend des morsures et des chocs de carapace qui, s'ils ne posent pas de problème dans la nature (la femelle peut fuir), peuvent causer de graves blessures à la femelle en captivité. La femelle peut s'accoupler avec plusieurs mâles durant une même saison, et elle gardera le sperme intact durant quatre à cinq ans dans des replis de son appareil reproducteur. Ainsi, même si elle ne s'accouple pas, elle garde le pouvoir de pondre des oeufs fécondés même si les mâles sont absents ou se font rares (ce qui est un avantage après les incendies). C'est grâce à cette parade complexe que, comme chez bien d'autres animaux, la femelle peut évaluer les qualités du mâle et refuser l'accouplement s'il ne lui convient pas...

La reproduction ne fixe pas le sexe des embryons. Celui-ci dépend de la température d'incubation. La température moyenne générant autant de mâles que de femelles est de 28.5°. La femelle creuse un trou avec ses pattes de derrière, puis pond des œufs de 35 mm de diamètre et de 16g de poids. Il y a en moyenne 3 à 6 œufs, mais si la femelle est âgée elle pourra pondre deux fois dans l'année. La proportion des pontes arrivant à la naissance est relativement bas, car la prédation des œufs par divers animaux est élevée (fouine, sangliers, blaireau). La maturation des œufs dure environ 90 jours, les petits émergeant généralement après les premières pluies d'automne.
Autrefois, les tortues d'Hermann, ainsi que les cistudes étaient consommées dans les monastères le vendredi, car elles n’étaient pas considérées comme de la viande mais assimilées à des poissons.

Cette tortue a pour principaux ennemis :

  • la dégradation de son habitat  ;
  • l'extension des cultures agricoles et de l'urbanisme dans les communes bordant le massif des Maures ;
  • les véhicules motorisés (routes nationales et départementales, chemins forestiers) ;
  • les incendies annuels dans le Massif des Maures ;
  • les rotobroyeurs utilisés préventivement contre les incendies par les propriétaires de terrain, mais souvent sans aucun respect pour la faune présente ;
  • les chiens de chasse, les chiens errants et les chiens domestiques ;
  • le trafic et le prélèvement d'individus par les touristes et par les habitants ;
  • le relâcher d'individus par des acheteurs dépassionnés et par les habitants ;
  • la future ligne de TGV qui soulève un problème de séparation en deux parties différentes du Massif des Maures ;
  • l'élevage mal géré ou mal encadré ;
  • la malfaisance humaine ;
  • la méconnaissance des besoins d'une tortue.

L'association SOPTOM (Station d'Observation et de Protection des Tortues et de leurs Milieux), et le centre qui lui est associé, le Village des Tortues à Gonfaron dans le Var, pratiquent dans la mesure de leurs moyens des actions de protection.
 

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre

Si vous voulez en savoir plus, allez voir le site du Village des Tortues à Gonfaron en cliquant sur la photo de Zoé ci-dessous.

 

 

 

Haut de page