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Les petit métiers d'autrefois et les cris de la rue

par Nadine 12 Juin 2010, 22:00 Métiers - Activités diverses




Jusqu'à la première moitié du XXe siècle, les villes de Provence et d'ailleurs ont conservé les cris des marchands ambulants annonçant leur passage sur une mélopée familière et dans une langue où se mêlaient le plus souvent la langue provençale et le dialecte local.
Les cris des hommes se rapportaient en général à des petits métiers dévalués (révolus de nos jours) mais utiles dans les ménages : vente d'estrasses (chiffons), étamage de casseroles ou de chaudrons, vente ou réparation de couteaux, tonte des chiens, rempaillage de chaises, etc... Leurs cris retentissaient dans les rues et attiraient les enfants qui s'attroupaient autour d'eux selon ce qu'ils vendaient.
Les femmes, elles, avaient pour habitude de vendre des spécialités culinaires, des poissons, des fruits de mer, des légumes, des fruits. Elles s'installaient sur les places où elles avaient leur clientèle d'habitués. On attendait, pratiquement à heure fixe, la marchande de betteraves de Gardanne, de limaçons "a l'aigo sau". Les limaçons sont de tout petits escargots cuits dans l’eau salée et le fenouil, particulièrement appréciés en Provence. La marchande de limaçons, qui est un petit métier typiquement provençal, vend donc comme son nom l’indique ces petits escargots. Pour attirer les clients, elle chante : "A l’aigo sau lei limaçoun, ne'n a dei gros e dei pichoun !" qui veut dire : "A la saumure les limaçons, il y en a des gros et des petits !".
Sa grosse marmite sous le bras, elle sert les limaçons dans des cornets de papier. Pour ne pas tacher son costume, elle porte des manchons aux bras et un grand tablier blanc.



La marchande de limaçons

On attendait aussi la marchande de gras-doubles (tripes), de poires cuites, de châtaignes chaudes emballées dans des cônes faits avec du papier journal, de mûres, de fraises en pot, de fromages qui exhalaient des odeurs attirantes, de picons (oranges pelées), de petits oiseaux  pour faire la brochette, de sardine toutes fraîches "lei vivo". Leurs cris, leurs chansons, leurs tenues, leur matériel plus ou moins perfectionné pour transporter la marchandise en faisaient des figures originales et familières de chaque village ou dans les villes, de chaque quartier.

Source : Texte inspiré d'un article "Les cris de la rue" paru dans l'Almanach de la Provence de Pierre Echinard.

Cet article est développé dans le complément que vous pourrez découvrir en cliquant sur la photo. Merci.

 
 Le tondeur de chiens

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