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Les relevailles en Provence

par Nadine 17 Juillet 2011, 22:00 Coutumes - Folklore - Traditions

 

En Provence, la cérémonie des relevailles était plus qu'indispensable ; on considérait qu'elle avait une telle importance que même si l'enfant mourait en couches, la mère dépossédée de son enfant devait respecter le temps d'isolement et ne réintégrer le monde social qu'après avoir été à l'église se faire relever.
Si son enfant était bien portant et qu'elle négligeait l'usage des relevailles, les pires malheurs ne tarderaient pas à s'abattre sur le nouveau-né qui serait assurément la proie des mauvais esprits.
Lorsqu'une femme mourait en couches, son époux devait organiser les relevailles de la défunte. Le premier jour où l'on sortait l'enfant, on procédait au simulacre des relevailles de sa mère ! La famille négligeait-elle cet usage, la défunte était condamnée à errer sur terre pendant des années avant de gagner le Paradis.
Il arriva un jour qu'un homme perdit sa femme en couches. Son veuvage terminé, il épousa une jeune fille en secondes noces. Or, toutes les nuits, un tapage épouvantable se faisait entendre dans la chambre des nouveaux mariés. Une commère finit par leur faire comprendre qu'il s'agissait de la morte qui venait faire du tapage pour qu'on procédât à ses relevailles. Ce qu'on fit. L'accoucheuse et la marraine se rendirent à l'église, entourant l'absente et s'adressant à elle de temps à autre. La cérémonie terminée, tout rentra dans l'ordre.
La cérémonie des relevailles se déroulait en l'absence de toute personne masculine, hormis le curé bien sûr. L'accoucheuse et la marraine de l'enfant étaient toujours présentes en cette occasion. D'autres femmes pouvaient se joindre à elles et c'était souvent le cas. Parentes et amies de l'accouchée, toutes étaient là pour participer à cet heureux événement. La sage-femme et la marraine se rendaient au matin chez l'accouchée pour l'accompagner à l'église. Le petit cortège qu'elles formaient avait son rituel : l'accoucheuse portait l'enfant en faisant reposer la tête de celui-ci sur son bras droit. La mère marchait du côté de la tête de son enfant. La marraine, elle, se plaçait du côté des pieds du nouveau-né. Suivaient ensuite les autres femmes, par ordre de parenté. Sur le chemin, la jeune mère qui sortait pour la première fois dehors depuis plusieurs jours regardait avec attention autour d'elle... car le sexe de son prochain enfant dépendrait de celui de la personne qu'elle rencontrerait en premier !

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