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Gaspard Bouis dit Gaspard de Besse, bandit au grand coeur

par Nadine 22 Août 2012, 22:00 Personnages

  


Acte de baptême de Gaspard Bouis

Gaspard Bouis fils de Jean Baptiste, ménager et de Thérèse Roux est né le 9 février 1757 à 2h de l'après-midi à Besse (aujourd'hui Besse-sur-Issole). Son parrain a été Gaspard Bouis. Un an après, son père mourrait, sa mère Thérèse se remariait en 1760 avec François Mourian et donna à Gaspard une demi-sœur Marie-Anne dont il fut le parrain à l'âge de 16 ans.

 


Portrait de Gaspard de Besse

La légende qui marqua l'entrée de Gaspard Bouis dans la clandestinité colporte deux versions. Suivant l'une ce serait en aidant un évadé du bagne qu'il prit le maquis, devint son complice et finit par former une bande de hors-la-loi. Suivant l'autre, une nuit alors qu'il s'amusait avec des amis dans une petite auberge, après avoir trop bu, il signa involontairement son engagement dans l'armée du roi. Le lendemain, retrouvant sa lucidité et réalisant ce qu'il avait fait, il déserta et partit se cacher dans les montagnes avec ses amis.  Son repaire aurait été une grotte du Mont Vinaigre. D'abord soutenue par la population, la petite bande se lasse rapidement de cette vie, et se met alors à vivre d'expédients et de rapines tout en respectant ceux qui les avaient aidés.

  

 

 Sa bande émigra ensuite dans les gorges d'Ollioules beaucoup plus fréquentées par les voyageurs, puis leurs exploits s'étendirent de Marseille à Nice grâce à un réseau d'indicateurs. Sa devise était : "Effayez mais ne tuez jamais" Arrêté dans les Maures en juin 1779, il s'évade moins d'un an après grâce à la tendre complicité de la fille du geôlier de la prison de Draguignan. On lui impute aussi la libération d'une colonne de galériens qui s'unissent à la bande avec quelques-uns de leurs gardiens.

En détroussant les riches, il vengeait par ses méfaits, le petit peuple accablé par les impôts et la misère chronique qui règnait alors dans les campagnes provençales comme dans la France entière. Astucieux, rigolard, parfois débonnaire, il prenait un malin plaisir à ridiculiser le parlement de Provence et à dévaliser les agents du fisc (collecteurs d'impôts). Lorsqu'il lui arrivait d'arrêter par inadvertance les petites gens, il les relâchait aussitôt et leur distribuait parfois des subsides. C'est pourquoi il était très aimé des gens du peuple.

 Beau garçon, il était galant avec les dames qu'il traitait avec beaucoup de déférence parait-il lors de ses exactions. Ridiculisant la maréchaussée lancée à ses trousses, bravant le danger avec panache, ce brigand rassemblait tous les ingrédients pour en faire un héros romanesque. Mais hélas, force resta à la loi.

Reconnu par hasard dans une auberge, à la Valette du Var, alors qu'il était en visite chez son ami Augias évadé des galères, il fut arrêté en septembre 1780 à La Valette. Gaspard de Besse et ses deux lieutenants Joseph Augias et Jacques Bouilly se retrouvent au cachot. Après un long procès, il sera condamné à mourir sur la roue, supplice courant à cette époque, mais ô combien barbare !

Le jugement du 14 octobre 1781 précise qu'il "devra être conduit sur l'échafaud pour y avoir les bras, les jambes, les cuisses et les reins rompus et être ensuite exposé sur une roue, la face tournée vers le ciel, pour y expier et y rester jusqu'à ce que mort s'ensuive".

Comme si la peine n'avait pas été assez sévère pour ce jeune homme de 24 ans qui n'avait jamais assassiné personne au cours de ses méfaits, sa tête sera tranchée après sa mort et clouée à un arbre bordant le bois des Taillades, théâtre de ses exploits.




Le 25 octobre 1781, Gaspard Bouis et ses deux comparses furent exécutés à la roue à Aix-en-Provence vers 11 heures du matin.

La légende veut qu'il monta au supplice avec un courage héroïque.


Source
: Inspiré d'un article paru dans l'Almanach pittoresque du Var - 1995 - Maryse Pèbre et Monique Rieupouilh


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