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La tarasque de Tarascon

par Nadine 5 Juin 2008, 22:00 Contes - Légendes



Le château de Tarascon sur les bords du Rhône

Figure emblèmatique des multiples dragons qui hantent les contes et légendes de la Provence, la tarasque est née au bord du Rhône, dans une grotte aquatique, sous l'emplacement du château de Tarascon.

Dévoreuse des faibles, des femmes et des enfants, démolisseuse de digues et de barrages, rompus pas sa terrible queue, elle est l'image effrayante des débordements du fleuve. Son mythe se complète de l'intervention victorieuse de sainte Marthe, la soeur de Marie-Madeleine, hôtesse de Jésus à Béthanie, venue dans la barque des proscrits de Judée pour annoncer la Bonne Nouvelle en Provence.


Sainte Marthe soumettant la tarasque

Peu après son débarquement, Marthe apprend l'existence du monstre, elle va à sa rencontre, le soumet en lui passant sa ceinture autour du cou et le ramène à Tarascon, où il est masacré par la foule. Voué à sainte Marthe, sa patronne, Tarascon devient un lieu de pèlerinage fréquenté dès les Ve et VIe siècles, et visité par saint Louis (Louis IX) et Charles d'Anjou. La victoire de Marthe est, de très longue date, commémorée par des fêtes autour de la Pentecôte et le 29 juillet, jour de la fête de la sainte.


La tarasque

Orgnisée pendant des siècles de façon très irrégulière, la fête de la Tarasque, proche de la Pentecôte et de ses jeux de charité, obéissait à un rituel qui faisait intervenir brutalement le monstre de carton et de toile dévalant les rues de la ville et balayant impitoyablement de sa queue tous ceux qui, l'ayant défié, n'étaient pas assez dégourdis pour lui échapper. Une forme de réjouissances qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère des abrivado, des lâchers de taureaux ou des courses libres. Au XIXe siècle, la tarasque courut ainsi en 1846, 1861, 1891... et, plus près de nous en 1946. Plus paisible et plus régulière, la fête annuelle du 29 juillet (ou du dimanche avoisinant) retrouve, dans une ambiance de corso, une tarasque pacifique escortée du bedonnant Tartarin et de ses compagnons Bézuquet et Costecalde. D'ici à ce qu'un moderne Daudet fasse du "terrible" chasseur le vainqueur de la Tarasque !

 
Source : L'Almanach de la Provence - Editions Larousse 2003.

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