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La farandoulo et la danse des olivettes

par Nadine 10 Juillet 2008, 22:00 Coutumes - Folklore - Traditions



Un instrument traditionnel : le tambourin

DANSES PROVENÇALES :

La Farandoulo et la Danse des Olivettes
(D'après un article paru en 1836)


A la belle saison, chaque village, chaque hameau de Provence a son jour de fête. Plusieurs jours à l'avance, une vingtaine de jeunes tambourinaires vêtus de blanc, leurs chapeaux et leurs instruments ornés de rubans aux mille couleurs, parcourent les villes en proclamant le nom de l'endroit où la fête doit se passer le dimanche suivant. Le jour venu, on voit une foule de curieux et de danseurs à pied, à cheval et en voiture, courir avec une avidité sans cesse renaissante vers le bienheureux village où se dérouleront les festivités.

Il est impossible de se figurer ces réunions où se mêlent et se côtoient le riche et le pauvre, la villageoise et la dame parée de tout ce que l'élégance et la mode peuvent enfanter de plus séduisant, tous animés d'une joie commune et délivrés de tout ce que l'étiquette entraîne avec elle de gêne, de raideur et d'ennui. La salle de bal, dressée sur la place publique, est décorée, sinon toujours avec goût, du moins avec une certaine recherche ; les fleurs et le feuillage y sont surtout employés. En acquittant le prix de la contredanse, chaque cavalier reçoit en échange un paquet d'épingles qu'il s'empresse d'offrir à sa danseuse, celle-ci ne doit pas le refuser, c'est la coutume.

Outre ces réunions d'été, les Provençaux n'ont garde de laisser échapper toute autre occasion de se divertir et de donner libre cours à la gaieté de leur caractère. La vente des troupeaux, la moisson, les vendanges, la récolte des fruits secs et la cueillette des olives, etc... tout sert de sujet ou bien plutôt de prétexte à des réunions presque continuelles.



Les fêtes sont ordinairement terminées par la bruyante farandoulo (farandole). A un signal donné, les tambourinaires jouent un air vif et pressé. Aussitôt tout ce qu'il y a de danseurs et de danseuses dans le bal se réunissent et forment une longue chaîne. Un habile conducteur se place en tête et conduit le reste de la bande dans mille détours ; tantôt levant les bras, il oblige toute cette foule dansante à passer dessous ; et tantôt, par un retour subit, il prend brusquement la chaîne en queue, il la traverse malgré les efforts des danseurs qui, liés par les mouchoirs qui enveloppent leurs mains, ne doivent pas se laisser séparer. Cette lutte provoque à chaque instant des explosions de rires gais et joyeux. On croit que cette danse fut importée en Provence par les Phocéens, qui, longtemps avant notre ère, vinrent fonder la colonie de Marseille. Il est certain qu'elle se retrouve en Grèce et particulièrement dans quelques-unes des îles de l'Archipel.



A
l'époque de la récolte des olives, l'une des productions la plus précieuses et la plus importante du pays, toutes les communes sont dans l'usage de se réunir successivement et de célébrer des jeux et des fêtes dont on ne peut guère expliquer aujourd'hui l'origine et la singularité. Une vingtaine de jeunes gens costumés à la romaine, le casque en tête et le glaive au poing, marchent sur deux files, précédés de nombreux tambourinaires et de quatre personnages qui représentent un roi, un prince, un héraut et un arlequin.
 




La musique joue tantôt un air vif et léger, et tantôt une marche grave et solennelle, selon les évolutions que le héraut fait avec sa canne, tandis que l'arlequin le contrefait de la manière la plus bizarre et la plus grotesque qui soit. Puis on s'arrête, et les danseurs en frappant leurs armes en cadence simulent un combat. Le roi et le prince en viennent aussi aux mains, et se battent avec la plus grande impétuosité jusqu'à ce que les guerriers, satisfaits de la valeur et du courage de leurs chefs, battent des mains, poussent des cris de joie, éclatent en rires immodérés et recommencent leur marche et leur danse qu'interrompt bientôt un nouveau combat.

 

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