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La mésaventure de mon ancêtre François Bertrand

par Nadine 12 Mars 2010, 23:00 Archéologie - Généalogie - Géologie

 

Un jour, une cousine de maman, Marie-Madeleine AGNES, institutrice en retraite, est venue nous rendre visite avec son mari. Elle habitait à Toulon et avait apporté avec elle deux gros classeurs. Son fils Jean était le parrain de maman. Ces classeurs contenaient l'histoire de sa famille qu'elle avait écrite et qui était donc en partie la mienne. "Comme tu fais la généalogie de la famille, je te fais cadeau de ces classeurs" m'a-t-elle dit. J'étais émue, ce cadeau était un vrai trésor pour moi ! En échange, je lui ai remis sa généalogie.

Je vais donc vous raconter ce que Marie-Madeleine a écrit. J'ai choisi deux épisodes de la vie de nos ancêtres communs. Je vous en ferai le récit en deux fois, l'autre partie paraîtra demain.

A présent, je laisse la parole à Marie-Madeleine : 

"Ma grand-mère maternelle, Madeleine Bertrand, est née à Draguignan le 31 décembre 1844. Douzième enfant d'une modeste famille paysanne, l'aîné avait plus de vingt ans à sa naissance ! Leurs prénoms étaient ceux des apôtres et des grands saints : Pierre, André, Jacques, François, Marie, Elisabeth pour terminer par elle, Madeleine, évangélique et provençale".

Nadine
: Moi, je descends de François Bertrand, frère de Madeleine, qui était le grand-père de ma grand-mère maternelle, Marie-Louise.

"Elle a du me parler de ses parents mais je ne m'en souviens plus. Ils ont survécu cependant car l'essentiel de leur héritage, elle nous l'a transmis en étant humblement elle-même. A travers elle a rayonné l'âme d'une époque, d'une terre, d'un village, d'une foi. Dernière fleur du bel amandier, elle est devenue l'amande discrète qui germe en secret, prend racine et donne un arbre nouveau. Elle est devenue la source intarissable cachée sous les prêles et les menthes. Puis, le ruisseau qui de sillon en sillon, sans se lasser jamais, va donner la vie jusqu'au fond du jardin. Elle est devenue Etoile du matin, à la fine pointe de l'aube et lumière à l'avant du navire au coeur de la nuit".

Nadine : Je vais vous raconter maintenant ce qui est survenu à mon quintaïeul François Bertrand. François est né le 2 mai 1836 à Draguignan et décédé le 21 novembre 1928 à Trans en Provence.

Madeleine reprend la parole :

"Je n'ai connu qu'un seul frère de ma grand-mère : l'oncle François et je ne résiste pas au plaisir de vous raconter l'histoire de son mariage, qui, dans mon enfance, ravissait toute la famille. Je me demande aujourd'hui comment il avait rencontré Marguerite, une jeune fille de Bargemon. Allait-on d'un village à l'autre à l'occasion d'une foire ? Les garçons de Trans se louaient-ils à Bargemon pour la cueillette du tilleul ? 21 km séparent les deux villages et à cette époque, ils n'étaient reliés par aucun moyen de communication. L'itinéraire est le suivant :
Trans-Callas par le chemin vicinal vers Terrissole et les Quatre-chemins de Figanières : 15 km.

Callas-Bargemon, route en corniche avec 90 virages sur 6 km.


François a donc rencontré Marguerite, une si jolie fille - uno tant poulido fiho - or, Marguerite a quelque peu le visage grêlé, mais notre amoureux ne le voit pas... La veille du mariage pour épouser sa promise à Bargemon, il prend la route à pied, car il ne possède ni cheval ni jardinière. Il marche allégrement, portant son baluchon au bout d'une canne posée l'épaule. Sans doute, son habit de noces. Au défilé du Pont de la Clue, entre Figanières et Callas, trois hommes cachés sous le pont surgissent brusquement, entourent le voyageur solitaire et le chef l'interpelle :
- Mounte vous allez comme ça ? (Où allez-vous comme ça ?)
Cinquante ans plus tard, devenu l'oncle François, le vieil homme évoquait la scène avec une juvénile ardeur :
- Ièu, que l'amour me pourtavo, agueri pas poù et respondigueri : A mis afaire ! (Moi que l'amour portait, je n'eus pas peur et je répondis : à mes affaires !).
Et il était fier d'ajouter que les trois hommes, interdits par son assurance le laissèrent passer sans le détrousser.

Deux jours plus tard, François emmena Marguerite à Trans et par la suite, elle n'est sans doute jamais retournée à son Bargemon natal".

Nadine : François Bertrand a épousé Marguerite Villeneuve le 8 janvier 1866 à Bargemon.


L'acte de mariage de François et Marguerite

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