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La table de Noël et le Gros Souper

par Nadine 21 Décembre 2010, 23:00 Coutumes - Folklore - Traditions

 

  Reconstitution de la veillée de Noël (Photo trouvée sur internet)

 

Le soir de Noël, la table du Gros Souper (Gros soupa en provençal) devra être recouverte de trois nappes blanches soit une pour le Père, une pour le Fils et l'autre pour le Saint-Esprit, et l'on y disposera un chandelier de trois bougies qui représentent Jésus, Marie et Joseph. Il faudra mettre aussi les trois soucoupes contenant le blé et les lentilles que l'on aura mis à germer le jour de la sainte-Barbe (4 décembre). Ces trois soucoupes symbolisent la fécondité, la fertilité et la fraternité. La cheminée sera prête à accueillir le cacho-fio, la bûche de chêne ou d'olivier, la plus grosse de la réserve de bois, qui brûlera pendant toute la soirée. Certains préfèrent éliminer le bois de chêne pour ne retenir que des bois d'arbres fruitiers tels que le cerisier, le sorbier, le prunier, l'abricotier, etc... Il est de tradition qu'après avoir fait le tour de la pièce, le plus vieux et le plus jeune de l'assistance portent au feu la bûche au rythme de l'incantation suivante :

  Alègre ! Alègre

Meis beùs enfant Dièu nous alègre

Emé calendo, tout vèn bèn

Dièu nous fague la graci de veire l'an que vèn !

E se noun sian pas mai, que nous fugen pas mens !

 

Allégresse ! Allégresse

Mes beaux enfants que Dieu nous comble d'allégresse

Avec Noël tout vient bien

Dieu nous fasse la grâce de voir l'année prochaine

Et si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins !

 

  Scène reconstituée du Gros Soupa au Musée Arlaten

 

On mettra autant de couverts qu'il y aura de convives, mais la maîtresse de maison prendra soin d'en préparer un de plus pour le pauvre ou l'ami isolé que l'on invitera au dernier moment. Une fois le Gros Souper terminé, la table ne sera pas desservie, on relèvera simplement les coins de la nappe de dessus, pour permettre aux âmes des morts et aux petites anges de venir se restaurer.

Le Gros Souper est composé de sept plats maigres essentiellement des légumes en souvenir des sept douleurs de la Vierge Marie : la soupe aux choux, des escargots à la poivrée, du céleri à l'anchoïade (la Bagna-Caudo en provençal) ou salade de truffes et céleri, l'aïgo boulido (soupe à l'eau bouillie ; ail, sauge, huile d'olive et pain) le gratin de morue aux épinards ou bien la brandade de morue, les cardes à la sauce aux truffes ou en béchamel et de la salade sauvage.

 

 

Les treize desserts (Photo trouvée sur internet) 

 

Viennent enfin les treize desserts traditionnels qui évoquent Jésus et ses douze apôtres lors de la Cène : du nougat blanc et du nougat noir pour l'humeur des jours, des fruits secs, ceux que dans les campagnes on a chez soi comme des amandes, des noix, des noisettes, des figues sèches, des raisins secs. ce sont les mendiants, on les désigne ainsi en raison de leur couleur qui est proche de celle des ordres religieux quêteurs. Les figues sèches pour l'ordre des Franciscains, les amandes pour celui des Carmélites, les noix ou noisettes pour les Augustins, les raisins secs pour l'ordre des Dominicains. On ajoutera des dattes produit plus exotique, rappelant l'épisode biblique de la fuite en Egypte. Egalement, des fruits de saison ou conservés pour la circonstance : des pommes, des poires, des melons d'hiver pour la fraîcheur de l'esprit, des arbouses ou des sorbes, des mandarines ou des oranges pour la réussite des voeux émis dans le silence du coeur, du raisin blanc pour la vitalité. Sans oublier les pâtes de fruits, de coing ou de la pastèque confite pour une année de richesses. Et bien entendu "lou gibassié " ou pompe à huile appelée aussi fougasse (galette de farine cuite avec de l'huile d'olive et de la fleur d'oranger), gage de réussite. Selon la tradition, il faut rompre la pompe à huile comme le Christ a rompu le pain et ne pas la couper pour ne pas se retrouver ruiné l'année d'après.
On accompagnera le tout de vin cuit. Lorsque vous aurez dégusté tour à tour les douze desserts vous pourrez, avec la première mandarine, faire votre vœu secret qui sera exaucé dans l'année. 

Chacun en Provence a sa liste des treize desserts et toutes divergent sensiblement d'une ville à l'autre, d'une famille à l'autre. Seul le nombre est impératif.

 

Source : D'après L'Almanach provençal 2007 - Editions Jeanne Laffitte

 

 

La table de Noël (Photo internet)

 

 

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