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Les lotos des fêtes de fin d'année

par Nadine 21 Décembre 2009, 23:00 Langue provençale



Il existe un jeu très populaire en Provence c'est le loto. Autrefois, on y jouait entre amis, mais surtout en famille, dans les cafés pour les fêtes de fin d'année. On annonçait souvent les chiffres en provençal, ou bien on trouvait pour les représenter des images. En voici quelques-unes parmi les plus savoureuses :
- Pèr dire 1, se dis : lou proumié de milo, lou pouarc lou coumto ; pour annoncer que le 1 est sorti, on dit : le premier de mille, le porc le compte, car il fait "un, un" en provençal.
- Pèr lou 2 : coume de mèu ; comme du miel, en provençal deux se prononce dous d'où doux comme du miel.
- Pèr lou 3 : la coua dou pouarc ; la queue du cochon.
- Pèr lou 7 : lou daï ; la faux.
- Pèr lou 11 : lei cambo de grand-paire ; les jambes de grand-père.
- Pèr lou 16 : ce que se manjo pèr Rampàu ; ce que l'on mange pour les Rameaux : des pois chiches (cèse en provençal).
- Pèr lou 25 : Nouvè ; Noël.
- Pèr lou 32 : misèri en Prusso ; misère en Prusse.

- Pèr lou 40 : la mouart pelato ; le squelette.
- Pèr lou 51 ; la bataio d'Estèli ; la bataille d'Austerlitz.
- Pèr lou 70 : quand d'ouncle ? ; 70 se dit : setanto, ce que l'on peut comprendre par sept tantes, c'est pour cette raison que l'on demande : combien d'oncles ?
- Pèr lou 80 : lei besicle ; les bésicles, le 8 écrit horizontalement peut faire penser à des lunettes, et le 0 au nez.
- Pèr lou 88 : lei dous coucourdo ; les deux courges.
- Pèr lou 89 : lei patrioto ; les patriotes, une allusion à 1789.
- Pèr lou 99 : lou plus aut ; le plus haut.

Et ainsi allaient les lotos en Provence. De nos jours, il y en a encore, mais qui se rappelle de la façon particulière d'annoncer les numéros ? Seulement quelques anciens... et encore.
Je me souviens que mon père, pour le 11 disait : lei cambe de l'ai ; les pattes de l'âne. Il était originaire du Muy et quand il était jeune avec son père, mon grand-père, Marius, il ne manquait pas un seul loto. Ils allaient jouer tous les deux au café Michel qui était situé au bas des Allées Victor Hugo (pour ceux qui connaissent le Muy). Quand les gens les voyaient arriver, ils disaient : lei Barret arrivoun mai  ! ; les Barret arrivent encore ! C'était le désespoir des autres joueurs, les Barret, père et fils, ne repartaient jamais les mains vides : petits oiseaux et autres gibiers étaient pour eux. Ils avaient de la chance. Je n'ai pas connu mon grand-père mais c'est vrai que mon père était chanceux au jeu.

Source : D'après un article publié dans l'Almanach 2009 - Un an en Provence - Edisud - Texte arrangé par moi-même.

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