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Filles galantes et demoiselles légères de Toulon

par Nadine 2 Février 2009, 23:00 Métiers - Activités diverses



Toulon, le port (Carte postale ancienne)

"Fanées, rouleuses, dégrafées, bitumineuses, hirondelles du soir, chauves-souris de caboulot, phalènes des trottoirs, poulettes de nuit, trottineuses, minaudières nocturnes, belles de nuit, pécheresses, oiseaux nocturnes, évaporées, violoneuses, tapageuses, oiseaux de nuit..."
En cette fin de XIXe siècle, les journalistes toulonnais du journal Le petit Var débordaient d'imagination pour qualifier les dames exerçant dans le quartier réservé de la ville. Lorsque des filles étaient arrêtées, on pouvait lire aussi : "l'une des filles demeurait au quartier de Bon-Rencontre, à un endroit dit les Colombes. Elle aimait trop le pigeon et cela ne lui a pas porté bonheur !"
La presse parlait d'elles presque quotidiennement car elles faisaient chaque nuit l'objet de procès-verbaux de la police. Le journal les rappelait à l'ordre en précisant dans ses colonnes l'article 15 du règlement des moeurs de la ville de Toulon que nombre de dames se plaisaient à ignorer : "fille galantes et demoiselles légères, l'article 15 vous interdit de vous promener en compagnie de marins et de militaires dans la ville, de circuler coiffées en cheveux et de vous promener, même seules, après dix heures du soir".


Il faut dire que les interdits étaient fort sévères pour la profession. Exclues du monde, toutes ces filles travaillaient dans le quartier qui leur était réservé à Toulon.

En dehors de ce lieu, d'autres personnes vivaient de leurs charmes, mais de manière déguisée : deux à trois cents demi-mondaines, aimant la vie facile, étaient quant à elles admises dans la plus honorable société. On comptait d'ailleurs beaucoup sur elles pour animer les fêtes, les bals... et aussi le commerce local, ces dames étant réputées pour ne pas regarder à la dépense. Elégantes et bruyantes, elles avaient fait d'un grand café du centre ville leur quartier général. C'était le lieu de Toulon où l'on s'amusait le plus. Les officiers français et étrangers, les marins et les gens de la Coloniale passaient en leur aimable compagnie leurs heures de liberté. Jamais une seule ligne n'aurait été imprimée à leur désavantage !

Source : Almanach pittoresque et pratique du Var 1994 - Maryse Pèbre et Monique Rieupouilh



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