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Alexandra David-Néel, la Femme aux Semelles de Vent

par Nadine 31 Mai 2009, 22:00 Personnages



Louise Eugénie Alexandrine Marie David, plus connue sous le nom d'Alexandra David-Néel, est née le 24 octobre 1868 à Saint-Mandé (Val-de-Marne), et morte le 8 septembre 1969 à Digne (Alpes-de-Haute-Provence), de double nationalité : française et belge, c'est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d'opéra, journaliste, écrivain et exploratrice française.

Outre sa longévité, son trait de gloire le plus marquant reste d'avoir été, en 1924, la première femme d'origine européenne à séjourner à Lhassa au Tibet, exploit dont la publicité fut soigneusement orchestrée dans les années 1920 et qui contribua fortement à sa renommée, en plus de ses qualités personnelles et de son érudition.

De 1897 à 1900, elle partage la vie du pianiste Jean Haustont, à Paris, et ils écrivent à deux Lidia, drame lyrique en un acte dont il compose la musique et Alexandra le livret. Elle part chanter à l'opéra d'Athènes, de novembre 1899 à janvier 1900 puis, en juillet de la même année, à l'opéra de Tunis, ville où elle rencontre, peu après son arrivée, Philippe Néel, ingénieur en chef des Chemins de fer tunisiens.

Le 4 août 1904, elle l'épouse. Leur vie commune est parfois orageuse, mais toujours empreinte de respect mutuel. Elle se termine définitivement le 9 août 1911 par son départ pour son troisième voyage en Inde (1911-1925), le deuxième s'étant effectué pendant un tour de chant. La légende veut que son mari la finançait. En fait, elle possédait, à son mariage, une fortune personnelle et fut sponsorisée, en 1911, par trois ministères pour un voyage d'étude qui devait durer 18 mois, Alexandra y restera 14 ans. Par le biais des ambassades, elle envoya à son mari des procurations pour qu'il gère sa fortune. Les deux époux entamèrent après cette séparation une abondante correspondance qui ne cessa qu'avec la mort de Philippe Néel (février 1941).

Alexandra arrive au Sikkim en 1912. Elle se lie d'amitié avec le souverain de l'Inde, Sidkéong Tulku, et visite de nombreux monastères pour parfaire sa connaissance du bouddhisme. En 1914, elle rencontre dans un de ces monastères le jeune Aphur Yongden dont elle fera par la suite son fils adoptif. Tous deux décident de se retirer dans une caverne en ermitage à plus de 4000 mètres d'altitude, au Nord du Sikkim.



Là, elle rencontre l'un des plus grands Gomchens (ermites) dont elle a le privilège de recevoir l'enseignement et surtout, elle est tout près de la frontière tibétaine, qu'elle franchit à deux reprises. Elle pénètre même jusqu'à Shigatsé, l'une des plus grandes villes du sud du Tibet, mais pas encore à Lhassa, qui en est la capitale interdite. À cause de ces incartades, Alexandra est expulsée du Sikkim en 1916.

Etant dans l'impossibilité de rentrer en Europe en pleine guerre mondiale, Alexandra et Yongden quittent le pays pour l'Inde puis le Japon. Elle y rencontre le philosophe Ekaï Kawaguchi qui, quelques années plut tôt, a réussi à rester dix-huit mois à Lhassa sous un déguisement de moine chinois.



Alexandra et Yongden partent ensuite pour la Corée, puis Pékin en Chine. De là, ils choisissent de traverser la Chine d'Est en Ouest en compagnie d'un lama tibétain. Leur périple dure plusieurs années à travers le désert de Gobi et la Mongolie. Puis une pause de trois ans au monastère de Kumbum au Tibet lui permet de traduire la fameuse Prajnaparamita, avant de repartir déguisés en mendiante et moine pour Lhassa qu'ils atteignent en 1924. Ils y séjournent pendant deux mois, durant lesquels ils visitent la ville sainte et les grands monastères environnants : Drépung, Séra, Ganden, Samye... Mais Alexandra est finalement démasquée à cause de sa trop grande propreté : elle allait se laver chaque matin à la rivière. Elle est dénoncée à Tsarong Shapé, le gouverneur de Lhassa.

Elle rentre alors en France, parcourt la Provence, puis décide de se fixer à Digne en 1928, où elle achète et agrandit sa maison baptisée Samten-Dzong (forteresse de la méditation). Elle y écrit plusieurs livres relatant ses différents voyages.

Entre ces diverses publications - toujours accompagnée d'Aphur Yongden, le fidèle compagnon d'aventures, devenu légalement son fils adoptif - elle fait de grandes tournées de conférences en France et en Europe.

En 1937, Alexandra a soixante-neuf ans, et elle décide de repartir pour la Chine avec Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de la guerre, de la famine et des épidémies. L'annonce de la mort de son mari la touche profondément. Fuyant les combats, elle erre en Chine, avec des moyens de fortune, puis finit par se retrouver en 1946 en Inde.

Elle retrourne finalement en France pour régler la succession de son mari, puis recommence à écrire depuis sa maison de Digne. Elle a la douleur de perdre son fils adoptif et compagnon de voyage Yongden en 1955.

A cent ans et demi, ultime pied de nez au monde, elle demande le renouvellement de son passeport au préfet des Basses-Alpes. Elle s'éteint à 101 ans. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973 par sa secrétaire Marie-Madeleine Peyronnet pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange.


Le 15 octobre 1982, puis du 21 au 26 mai 1986 sa Sainteté le XIVème Dalaï-Lama est venu à Digne visiter sa maison "Samten-Dzong," rendant ainsi hommage au courage d’Alexandra David-Néel qui, par son œuvre, a fait connaître aux occidentaux le haut pays des neiges. "Samten dzong", sa maison, transformée en musée, propose différentes activités montrant les aspects de la culture himalayenne. Elle abrite aussi une boutique d'artisanat tibétain et vient en aide, par le biais de parrainages, aux enfants vivant en exil en Inde.


Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre.




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