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La surveillance des côtes provençales au Moyen Age

par Nadine 11 Février 2009, 23:00 Histoire - Petites histoires de la Provence



En cette première moitié du XIVe siècle, les côtes provençales sont en alerte. En effet, le comte Robert, comte de Provence et roi de Naples, est en conflit avec la famille des Barcelone de Catalogne pour la domination de l'Italie du sud.
Il craint que celle-ci n'attaque la Provence par le rivage.

Aussi en 1323, il envoie en mission Robert de Millet pour inspecter les défenses du littoral. Le rapport d'inspection qui en a résulté est parvenu jusqu'à nous. Ainsi nous savons qu'en front de mer, à environ 6 km à l'Est de Saint-Raphaël, sur le Cap Dramont, il y avait une tour de guet, appelée Vigie d'Armont. Une autre tour se trouvait à l'Est de la rade d'Agay, sur la pointe de la Baumette à l'emplacement du phare actuel. Dans le massif de l'Estérel, deux tours étaient positionnées au sommet de la Sainte-Baume, et sur le Mont Vignaigre. A Saint-Raphaël même, le clocher du XIIIe siècle, passe pour être un ancien donjon. Tout comme les autres tours, il dépendait du château épiscopal de Fréjus avec lequel il correspondait à vue.

Nota de Nadine : la Sainte Baume dont il est question ici est la grotte de l'ermite Honorat d'Arles (saint Honorat - IVe siècle de l'ère chrétienne). Les habitants du coin jaloux de la popularité de la Sainte Baume de Marie-Madeleine à l'ouest du département (dans les Maures) donnèrent également ce nom à la grotte de saint-Honorat. Ils montaient lui rendre visite. Devant l'afflux de pèlerins, il s'exila quelques années plus tard sur l'île la plus inhospitalière des îles de Lérins (île de Saint-Honorat), à laquelle il donna son nom. Au fils des siècles d'autres ermites s'installèrent également dans la grotte.



Les farots

On appelle "farots" ou feux de garde, des tours élevées implantées généralement le long du littoral, pour surveiller les côtes maritimes.
La lecture d'un document daté du 30 juin 1303 et conservé aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône à Marseille, nous apprend qu'il existait un  système de télégraphie pour surveiller la mer, tout le long de la façade maritime de la Provence, qui s'étendait de la Tour de La Turbie dans les Alpes-Maritimes à la Pointe d'Espinguette, située près d'Aigues-Mortes dans le Gard.  


Ce document nous apprend également qu'à l'aide de signaux émis, à partir de ces tours de guet, une demi-heure suffisait pour transmettre une nouvelle d'une extrémité de la Provence à l'autre. Les signaux étaient de la fumée le jour, et un feu la nuit. Autant de signaux que de bateaux en vue. Et à la tombée de la nuit, lorsque toutes les tours de guet allumaient un feu en même temps, cela signifiait qu'il n'y avait pas de bateau ennemi à l'horizon, donc, pas de danger et que la population pouvait dormir tranquille.     

Source : D'après un article paru dans Châteaux-forts d'Europe - 2002 -
Châteaux-forts et tours à signaux des côtes du Var en 1323 - Charles Laurent Salch


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