Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La légende de Gyptis et Protis ou la fondation de Marseille

par Nadine 4 Avril 2009, 22:00 Contes - Légendes



La calanque du Lacydon, futur Vieux Port
dans la configuration trouvée par les Grecs
il y a plus de 2600 ans

Six cents ans avant Jésus-Christ, les Ségobriges, tribu salyenne qui occupait le littoral à l'Est du Rhône, vivaient pauvrement de pêche et de chasse. Ils ignoraient l'écriture, l'usage de la monnaie et l'art de construire des villes, mais commerçaient depuis fort longtemps avec les navigateurs grecs.
Ceux-ci venaient en Occident pour en rapporter des métaux précieux, notamment l'étain, qui était alors aussi indispensable que le pétrole de nos jours. Mais ils venaient aussi chercher le sel, car les côtes orientales de la Méditerranée, trop profondes, n'en facilitaient pas la production. Le nom même de Salyens, qui n'a pas une consonnance ligure, évoque sans doute "les hommes du sel".
Pour couvrir leurs expéditions, les Grecs établirent des comptoirs : Enserune sur la côte du Languedoc, Saint-Blaise au-dessus de l'étang de Berre, enfin Massalia qui siginfie peut-être : Mas des Salyens.
Selon Justin "ce fut en l'an 600 avant Jésus-Christ que le premier vaisseau phocéen jeta l'ancre sur la côte gauloise, à l'Est du Rhône, où devait être fondée Marseille". La légende prétend que ces Phocéens, conduits par Protis sous la protection d'Artémis, la grande déesse d'Ephèse aux dix-huit mamelles, débarquèrent sur les rives du Lacydon (le futur Vieux-Port) le jour même où Nann, roi des Ségobriges (les Ségobriges sont une des nombreuses tribus ligures installées sur les côtes de la Méditerranée), allait marier sa fille prénommée Gyptis.


La coutume voulait alors que la fiancée désignât elle-même l'heureux élu en lui tendant une coupe de vin à l'issue d'un banquet rituel. Les navigateurs phocéens furent amicalement invités à ce banquet ; au dessert, frappée d'un coup de foudre, ce fut à Protis que Gyptis, la fille de Nann, tendit la coupe.
Comme la fille était jolie et le père puissant, le jeune capitaine accepta le mariage. En cadeau de noces, Nann fit don aux nouveaux époux d'une bande de littoral sur laquelle Protis fonda cette ville qui au fil des siècles allait devenir Marseille.
La colonie comprenait alors, au Nord et à l'Est d'une crique hospitalière, le Lacydon, des marécages (devenus La Joliette et la Canebière), une butte inaccessible de la mer (actuel Saint-Laurent)  et quelques terres pauvres délimitées par les collines proches.
Les marins grecs y acclimatèrent avec un plein succès la vigne et l'olivier.
Le premier soin de Protis fut de placer en évidence les statues des dieux qui lui avaient accordé une si heureuse destinée. Il éleva le temple d'Artémis sur la butte des Moulins, face aux barbares de l'intérieur (la Butte des Carmes s'appelait encore au Moyen Age Rocca barbara), tandis que celui d'Apollon Dauphin, protecteur des marins, faisait face à la mer.

Ce fut la grande prêtresse Aristaché qui, selon la tradition, se chargea du débarquement de la précieuse statue d'Artémis.

Source : Guide de la Provence mystérieuse - Jean-Paul Clébert - 1986.


Haut de page