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La salle d'eau dans la maison provençale

par Nadine de Trans en Provence 5 Avril 2009, 22:00 Architecture - Patrimoine



Il fut un temps où la blancheur du linge avait plus d'importance que l'hygiène corporelle. Si l'on cachait sa crasse, l'on se devait d'exhiber des chemises immaculées. Autour des lavoirs publics, les blanchisseuses encore appelées bugadières (du provençal bugadiero) avaient la meilleure arme : le savon de Marseille (lire mon article sur le savon de Marseille ICI). S'il n'a pas été inventé dans cette ville, ce savon y a cependant acquis sa réputation dès le XVIIe siècle, en particulier grâce à l'huile d'olive qui participe à sa composition.


Pauline Bonaparte par François-Joseph Kinson (1808)

Au milieu du XVIIIe siècle, le bain entrait dans les moeurs grâce à l'élite aristocratique qui copiait Versailles, renouant ainsi avec les habitudes romaines des thermes publics en vigueur jusqu'au Moyen Age. On venait même de loin prendre les eaux à Gréoux (aujourd'hui Gréoux-les-Bains dans les Alpes de Haute-Provence) comme Pauline Borghèse, la plus belle des soeurs de Napoléon Bonaparte et sa préférée, qui exigea l'installation d'une baignoire en marbre au château de la Mignarde, bastide axoise où elle logeait (lire le complèment à propos de la Mignarde en bas de l'article).


La baignoire de Pauline Borghèse à la Mignarde

Les pièces particulières dévolues aux douches, cabinets de toilette et baignoires commencèrent à se généraliser au début du XXe siècle et, avec elles, de nouveaux meubles et de nouveaux accessoires.
Parallèlement, les machines à laver se sont développées, reléguant lavoirs et bugadières à la mémoire collective alors qu'on use et abuse de la poudre à laver qu'un savonnier marseillais adapta à cet usage. Nos voisins grassois, longtemps spécialisés dans les extraits de parfum, prirent le tournant de cette nouvelle mode en lançant de nouvelles gammes de cosmétiques aux arômes de Provence (lire mon article sur "L'histoire du parfum" et Grasse ICI).

Source : D'après le livre L'âme des maisons provençales - Editions Ouest-France.

Complèment sur la bastide de la Mignarde

 Sur la route des Pinchinats (quartier situé au nord-est de la ville d'Aix-en-Provence) se trouve le château de la Mignarde, construit vers 1670. Il fut acquis par Gabriel Mignard, confiseur du maréchal de Villars, en 1766. Après sa mort, sa veuve sollicita du fontainier Féraud de trouver une source, ce qu'il fit à l'est du domaine. Son fils, Sauveur Mignard, fut ainsi en mesure d'aménager un jardin à la française et de faire de la propriété une "villa à l'italienne".


Ce château est surtout réputé pour avoir abrité la liaison entre

Le château de la Mignarde fut acquis en 1858 par Émile Rigaud maire d'Aix-en-Provence (18491863).

Pinchinats : l'étymologie du nom de ce quartier vient du provençal penchinat, désignant les ateliers de peignage qui y étaient établis au Moyen Âge. Ces ateliers nécessitaient une eau abondante et pure. La vallée des Pinchinats est considérée comme le "château d'eau de la ville d'Aix".
A noter que Pinchinat est aussi un nom de famille très ancien.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre


Pauline Borghèse, la soeur de Napoléon, et Auguste de Forbin, jeune aristocrate aixois. La tradition veut que, au château de la Mignarde, Pauline Borghèse ordonnait de faire battre les mares pour effrayer les grenouilles dont les coassements gênaient son repos. En outre, elle prenait des bains de lait d'ânesse (dans la fameuse baignoire). Lors d'un nouveau séjour à Aix, en 1813, elle rompit sa relation avec Auguste de Forbin. Celui-ci devint directeur des Musées royaux, fonction qu'il exerça jusqu'à sa mort, en 1841.

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