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Le village de Trans au XVe siècle

par Nadine de Trans en Provence 2 Avril 2009, 22:47 Trans en Provence

                                                                                                                                                                                                                               
  En comptant plus ou moins 5 personnes par foyer, la population totale était à cette époque de 160 à 200 habitants. A la fin du siècle considéré, on peut se rendre compte de la topographie de l’agglomération et des transformations qui se sont opérées.
  
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Le village primitif, composé d'une cinquantaine de maisons, existe toujours enclos dans ses remparts tout à côté du château. Ce château que le seigneur de Villeneuve a fait transformer en forteresse entre 1303 et 1350 comporte une entrée princiaple appelée le Grand Portail qui donne sur le Bachas. Cette entrée est précédée d'un pont-levis qui franchit le fossé. Le terme de "bachas" en provençal signifie fossé.
Ce premier village situé à côté du château est regroupé sur le terrain qui forme actuellement le jardin de Barbecane. On l’appelle alors Denfré mais aussi la "vieille ville" par opposition à la bourgade qui s’est constituée depuis longtemps déjà en dehors des murailles. Ce terme de Denfré est dérivé du latin "infra" qui signifie "dedans" ou encore "à l’intérieur de". Denfré sera détruit en 1592 peu après le château seigneurial lui-même (voir plus loin dans mon récit). Avec le temps, le souvenir de cette vieille ville de Denfré se perdra et on en viendra même à oublier son emplacement.

 

  Au cours des âges, les disettes, les guerres civiles et plus encore, les épidémies, avaient dévasté la Provence. Partout, la population avait diminué dans des proportions effrayantes. A Trans, alors qu’on dénombrait 68 chefs de famille en 1283, on n’en comptait plus que 53 en 1366. En 1471, un affouagement général (c’est-à-dire un dénombrement des feux ou foyers en vue de la perception de l’impôt) fut fait avec méthode et minutie, cet affouagement faisait état de 40 foyers.



Cette nouvelle bourgade qui s’est constituée ainsi est l’embryon du village moderne. Elle s’étend le long de la grand route qui devient son artère principale sous le nom de rue Droite (carriera drecha) mentionnée pour la première fois en 1426. C’est l’actuelle rue Nationale. L’église paroissiale existe déjà sur son emplacement actuel, le cimetière s’étend autour de l’église. Il sera procédé à son transfert en 1767. En effet, depuis longtemps les villageois se plaignent du fait que le cimetière est un foyer d’infection et que les chiens y divaguent. L’emplacement délaissé par le cimetière permettra d'agrandir l'église en créant une seconde nef.

Mais ceci est une autre histoire, revenons au siècle qui nous intéresse.
L'ancienne maison commune de Trans, s'installe à la fin du XVe siècle dans la maison située face au mur nord de l'église paroissiale, dans la rue du Saint Esprit et prend naturellement le nom de Maison du Saint Esprit. Cette rue du Saint Esprit ne s'étendait pas au-delà de la place située derrière l'église et présentait en son commencement, sur le devant de l'église, un avancement d'alignement qui en rendait l'accès difficile. De nos jours cette maison porte le numéro 5 de la rue de la Motte.


La place de l’Eglise devient le centre du village et l’agglomération se développe au début du XVIe siècle, le long de la rue Droite. D’une part jusqu’à la place du Postel (actuellement place de l’Hôtel de ville) qui était beaucoup plus petite à l’époque puisque occupée en partie par la terrasse du château seigneurial qui sera détruit en 1579 pendant les guerres de religion, et au pont (le Pont Vieux ou Pont de St Roch) qui est alors le seul pont de Trans qui existe, et d’autre part, en direction du quartier de Notre Dame, dont le nom date de cette époque. En effet, de ce côté et alors en pleine campagne, Honorade de Baschi l’épouse du seigneur de Trans de la famille de Villeneuve fait construire en 1495 la chapelle de Notre Dame de Pitié qu’on appellera aussi Notre Dame de l’Aire parce que située tout à côté de l’aire de battage du blé.

Plus tard, dans le courant du XVIe siècle, le village est fermé par deux portes destinées principalement à interdire son accès dans les cas très fréquents d’épidémies de peste. Ces portes appelées l’une Portail du Pont et l’autre Portail de Notre Dame sont situées aux deux extrémités de la rue Droite. C’est proche du Portail du Pont que se trouve l’Hôtel Dieu (Hospital Saint Jacques) qui est destiné à accueillir les malades, les pauvres passants et les voyageurs (lire mon article sur ce sujet ICI).



En résumé, on peut dire que dès la fin du XVe siècle, Trans a ébauché quelques-unes des grandes lignes de sa physionomie actuelle et que cette fin de siècle laisse espérer des conditions de vie moins misérables en Provence.



Parmi les éléments qui vont par la suite apporter une certaine prospérité au village, il faut placer dans les premiers rangs l’introduction et le développement de la culture de l’olivier. C’est probablement au cours de ce même siècle que cette culture fait son apparition dans le terroir. La seule précision que l’on puisse donner à ce sujet réside dans le fait que le seigneur possède à Trans un moulin à huile.

Cette culture de l’olivier, alors à ses débuts, est destinée à devenir, dans les siècles qui vont suivre, la principale culture du terroir de Trans et à assurer la prospérité du village.

 

Source : D'après les recherches de Maître Guillaume Barles ainsi que mes propres recherches.

                                                                            
                                                                                                                              
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