Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le bleu de pastel ou encore "bleu charrette"

par Nadine de Trans en Provence 28 Avril 2010, 22:00 Faune - Flore

 

Pour ma nouvelle communauté, "Bleu charrette et rose bonbon" dans laquelle vous êtes invités à vous inscrire, par ici :

  http://www.over-blog.com/com-1158384912/Bleu_charrette_et_rose_bonbon.html

je vais vous parler du pastel.

 

Isatis-tinctoria.jpg

 

  Le pastel "Isatis Tinctoria" est une plante crucifère dont les feuilles procurent un bleu exceptionnel en teinture comme en peinture. La production de cette substance colorante sous forme de coque ou de cocagne apporta la richesse au Lauragais, région comprise entre Toulouse, Albi et Carcassonne. Les pastelliers figuraient parmi les plus grandes fortunes de l'époque et ont laissé de nombreux témoignages. Le commerce des coques débutait dans cette région appelée "pays de cocagne". Les coques transitaient dans les ports français de Bordeaux, Marseille et Bayonne. Le XVIe siècle marqua l'apogée de la culture du pastel occitan. Le bleu était devenu un produit de luxe. Aujourd'hui, un nouveau procédé d'extraction permet d'obtenir le précieux pigment issu de cette délicate alchimie.

Nota : Autrefois, les paysans récupéraient les fonds de cuves de pastel et peignaient en bleu, les charrettes, les charrues, les cornes des bœufs, les volets, les portes et les fenêtres, car cette peinture était répulsive aux moustiques et aux insectes. Cette couleur, toujours utilisée pour peindre les volets de bois dans certaines régions avait une vertu insecticide par les pigments bleus toxiques qu'elle contenait. 

 

Facade-volet-et-porte-bleues

 

Un peu d'Histoire

 

Le pastel fut la seule source de teinture bleue disponible en Europe jusqu'à la fin du XVIe siècle, avant que le développement des routes commerciales vers l'Extrême Orient permette l'arrivée de l'indigo.

Les premières traces archéologiques du pastel remontent à la période du Néolithique et ont été trouvées dans la grotte de l'Audoste dans les Bouches-du-Rhône. Dans un habitat de l'Age du fer en Allemagne, on a trouvé des impressions de graines sur des poteries.

Jules César raconte dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules que les Brittons se peignaient le corps avec du vitrum ; on en a souvent déduit qu'ils se peignaient ou se tatouaient à l'aide de pastel. Mais vitrum ne se traduit pas par "pastel", mais se réfère plutôt à un type de verre bleu-vert qui était courant à cette époque. Les Pictes (peuple d'Ecosse) doivent probablement leur nom (du latin Picti, désignant des personnes peintes ou peut-être tatouées) à leur coutume d'aller au combat nus, couverts uniquement de peintures de guerre. Or, des recherches plus récentes ont jeté de sérieux doutes sur l'hypothèse selon laquelle le pastel serait la substance que les Pictes utilisaient. Des expériences contemporaines sur le pastel ont démontré qu'il ne convenait pas du tout pour les peintures corporelles ni comme pigment de tatouage. En effet, le pastel étant très astringent, il provoque, lorsqu'on l'emploie pour faire un tatouage ou qu'on le pose sur une blessure, une forte réaction cicatricielle et, une fois cicatrisé, ne laisse aucune marque bleue. De plus, l'emploi courant de fumier dans les préparations traditionnelles de teinture de pastel rend aussi invraisemblable la théorie selon laquelle elles ont pu être appliquées à des blessures.

Dans les niveaux de l'âge des Vikings à York en Grande-Bretagne, les archéologues ont mis au jour les vestiges d'une échoppe de teinturier et des restes de pastel et de garance* datant du Xe siècle. A l'époque médiévale, les centres de culture du pastel se situaient notamment en Angleterre, en France (Bretagne, Normandie, Somme, Gascogne et Toulouse), en Allemagne et en Italie (Piémont et Toscane).

 

* Nota : La garance ou garance des teinturiers, est une plante de la famille des rubiacées dont les racines sont utilisées pour leur capacité à teindre les textiles en rouge vif. La Garance est, par extension, la teinture et la couleur tirées de cette plante. C'était notamment le qualificatif des pantalons d'uniforme des soldats français au début de la Première Guerre mondiale, qui exposait les militaires aux tirs des soldats allemands, qui eux, étaient équipés de tenues de couleur neutre.Fete-de-la-lavande.jpg

Haut de page