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L'abbaye du Thoronet

par Nadine de Trans en Provence 18 Avril 2010, 22:00 Architecture - Patrimoine

 
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Je précise que les photos de cet article ne sont pas de moi
car j'ai perdu les miennes lors d'un problème informatique.
 

 

L'Abbaye du Thoronet est une abbaye cistercienne située sur la commune du Thoronet, dans le Var. Elle fait partie du trio dit des trois soeurs provençales avec les autres abbayes cisterciennes de Provence : Sénanque dans le Vaucluse et de Silvacane dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Elle fut édifiée entre 1160 et 1230 à une époque où la Provence relevait de l'autorité du Saint-Empire romain germanique. Cet empire s’étendait alors de la Bohême au Rhône. Le Thoronet constituait alors la première présence cistercienne dans cette région. Mais avant de fonder l’abbaye du Thoronet, la première communauté de moines venus de l'abbaye de Marzan dans l'Ardèche s’installa, le 14 avril 1136, sur la commune de Tourtour, à Notre-Dame de Florielle à une journée de marche au nord-ouest de l’actuel site du Thoronet. Cette première implantation eut lieu grâce au don d’une partie des terres de la famille de Castellane. Mais la nouvelle communauté installée à Notre-Dame de Florielle ne trouva pas les conditions idéales à son développement et décida alors de se déplacer sur une des terres qu’elle possédait déjà et qui leur avait été léguée par le comte catalan Raymond Bérenger, comte de Provence.

 

Abbaye-Thoronet

 

Le premier acte de fondation de 1157 marque l’abandon définitif du site de Notre-Dame de Florielle qui devient un simple prieuré, pour le massif de l’Urbac dans la forêt de la Darboussière au sein de la seigneurie de Séguemagne, lieu d’implantation de la nouvelle abbaye. Sur le lieu même d’implantation de l’abbaye, les moines trouvèrent tous ce dont ils avaient besoin pour assurer leur subsistance, c’est-à-dire un couvert forestier généreux, des sources d’eau abondantes et une roche féconde.

 Le premier bâtiment à être construit au Thoronet est le cellier ainsi qu’un bâtiment près de la porterie qui n’existe plus dans son état originel et qui servait sûrement d’hostellerie.

Ce fut ensuite la construction de l'abbatiale qui est le bâtiment le plus important de la vie du moine. Celle du Thoronet est parfaitement orientée à l’est, mais ne forme pas un angle droit avec le cellier, expliquant peut-être la forme trapézoïdale du cloître construit par la suite qui suit la disposition des bâtiments.

L’eau dans chacune des abbayes cisterciennes est un élément indispensable de la vie quotidienne. Elle sert à la fois pour le travail manuel et à l’alimentation des machines, mais aussi à la cuisine et lors de cérémonies religieuses comme le mandatum qui se déroulait une fois par semaine. Pour toutes ces tâches, une importante quantité d’eau, potable ou non, était nécessaire. L’abbaye n’en manquait pas et l’aridité actuelle du vallon n’est pas significative de la situation à l’époque, bien que l’on sache que le débit d’eau n’était pas suffisant pour l’alimentation en eau d’un moulin, d’où son absence au Thoronet.

Mais l’aridité actuelle des lieux résulte de l’extraction après la Seconde Guerre mondiale de la bauxite provoquant la disparition des ruisseaux et l’assèchement des couches géologiques. Cela eut également pour effet de provoquer des glissements de terrain qui ont emporté avec eux la partie nord de l’aile des moines ainsi que le réfectoire et ont dérivé le cours de la Tombarèu. Les ruisseaux de la Tombarèu et de la Darboussière délimitaient à l’origine l’emplacement du site. Les extrémités nord de l’aile des convers et de celle des moines enjambaient la Tombarèu, permettant un système d’évacuation naturelle des latrines.

L’alimentation en eau pour les besoins alimentaires, sanitaires et liturgiques se faisait par la source située au sud-ouest de l’enclos. Un débit constant du liquide arrivait jusqu’au monastère par un réseau de canalisations fait d’une maçonnerie de moellons soigneusement appareillés. Sa redistribution se faisait en différents lieux, dont certains restent hypothétiques. C’est le cas par exemple des cuisines dont on ignore s’il y eut effectivement un débit constant d'eau potable. Toutefois, il est certain que l’alimentation arrivait au moins jusqu’au lavabo du cloître avant la déviation de son cours au XXe siècle. 

 

Abbaye-Thoronet-fontaine

 

Le lavabo situé tout à côté du cloître

 

L’isolement prescrit par la règle de saint Benoît est relatif au Thoronet. En effet, l’abbaye se situe à une journée de marche de l’évêché de Fréjus (45 kilomètres) et on trouve dans un rayon de dix kilomètres de nombreux villages préexistants.

De plus les ressources matérielles de l’abbaye lui assurent une place importante dans le marché commercial de la région. Ces ressources se situent parfois loin de l’abbaye et les frères convers ont la charge de leur exploitation. L’abbaye du Thoronet possède en effet les marais littoraux de Marignane, au bord de l’étang de Berre où encore ceux de Hyères qui permettent la production de sel. L’activité de pêche se fait à Martigues, Hyères et Sainte-Maxime. Ce poisson représente une part plus importante de production que l’abbaye ne peut consommer, il était alors vendu directement sur les marché locaux.

Mais la grande spécialité du Thoronet, c’est surtout l’élevage. Ces bêtes fournissaient à la fois de la viande qui n’était pas consommée par les frères puisque ceux-ci avait un régime végétarien, et de la peau qui était utilisée pour la confection de parchemin, fait essentiellement en peau de mouton, très important pour l’abbaye puisque celle-ci possédait un scriptorium. L'abbaye ne tarda pas à connaître la prospérité, à la suite des nombreuses donations qui affluèrent, notamment de la part des seigneurs de Castellane.

 

Abbaye-Thoronet-cloître

 

Un des côtés du cloître

 

Au XIVe siècle, le Thoronet, comme bien d'autres abbayes cisterciennes, connut peu à peu le déclin. Les révoltes internes, puis plus tard les guerres de Religion entraînèrent la défection des moines de l'abbaye qui, en 1787, fut rattachée à l'évêché de Digne. Vendue à la Révolution, puis à nouveau délaissée, elle fut rachetée par l'État en 1854. Grâce à l'intervention de Prosper Mérimée, elle échappa à la ruine. Depuis, les travaux de consolidation et de restauration se sont succédés. Ils étaient devenus d'autant plus indispensables que l'abbaye souffrait de l'exploitation des mines de bauxite à proximité.


Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre. Texte arrangé par moi-même.
Si vous voulez en savoir plus sur l'abbaye du Thoronet :
http://pagesperso-orange.fr/sylvain.weisse/thoronet/thorop.htm
ou encore :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_du_Thoronet


Thoronet-plan

1- Église abbatiale, 2- Enfeu, 3- Sacristie, 4- Armarium, 5- Salle capitulaire, 6- Passage, 7- Escalier du dortoir, 8- Cloître, 9- Lavabo, 10- Cellier, 11- Courette, 12- Bâtiment des convers.
Plan de l'abbaye du Thoronet

Thoronet

Vue aérienne générale de l'abbaye

 

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