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La citadelle de Villefranche-sur-mer

par Nadine de Trans en Provence 5 Août 2012, 22:00 Architecture - Patrimoine

 

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 A noter que toutes les photos sont de Nadine. Je les ai prises lors d'une excursion en 2006 avec l'Association des Anciens Combattants de Trans dont mon père faisait partie.

 

Le 10 août 1557, Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, écrase les troupes françaises du roi Henri II à la Bataille de Saint-Quentin (1557). Il peut récupérer ses états (Savoie, Piémont, Comté de Nice). Les "guerres d'Italie" sont terminées (traités de paix du Cateau-Cambrésis, 2 et 3 avril 1559). Le duc de Savoie n'aura de cesse de protéger et fortifier ses états. Il garde en mémoire le traumatisme du siège de Nice (1543), le débarquement et les assauts entrepris par Khizir Khayr ad-Dîn dit Barberousse, roi d'Alger et grand amiral du sultan ottoman, Soliman le magnifique, allié à François Ier. Pour Emmanuel-Philibert, la sauvegarde de Villefranche est une priorité absolue. Le génois Andrea Doria, sans doute le plus fameux marin de ce temps, écrit à l'empereur Charles Quint qu'il est nécessaire "d'édifier un fort au port de Villefranche pour tenir, non seulement ce dernier, mais la cité de Nice". Et le jeune duc se souvient : alors que son père Charles le Bon perdait une à une ses positions face aux Français, Nice, seule, a su résister. Dès l'avènement d'Emmanuel-Philibert (1553) émerge le projet de construction du fort Saint-Elme (le véritable nom de la citadelle de Villefranche) confié au milanais Gian Maria Olgiati et principal architecte de Charles Quint, présent dans le Comté de Nice dès 1550.

Il semble que les travaux aient commencé dès 1554 (date gravée sur l'arc du débarcadère de la citadelle, la première tranche de travaux ayant été effectuée côté mer car c'est de là, pensait-on, que venait le principal danger "turco-barbaresque").

Le dispositif est complété par la construction du Fort du mont Alban sur les hauteurs du Mont-Boron et de la tour Saint-Hospice au cap Ferrat. Tous deux constitueront avec la citadelle une véritable "chaîne défensive" et seront là pour protéger Villefranche et sa rade. La citadelle Saint-Elme répond aux nouvelles exigences de l'architecture militaire liées au développement de l'artillerie à poudre (l’apparition de bombardes puis de couleuvrines) et de canons plus légers, l’utilisation de boulets de pierre puis de fonte ou de bronze qui ruinent rapidement les châteaux-forts et murailles hérités du Moyen-Age ont changé radicalement la stratégie). Le rempart de ce fort d’un nouveau genre est rempli de terre et son plan obéit à un tracé polygonal sans angle mort. Cette citadelle est donc un des premiers exemples de "forteresse bastionnée", modèle qui inspirera toute l'Europe catholique. Des chevaliers de Malte qui construisent également, quelques années plus tard, pour leur nouvelle capitale La Valette, un fort Saint-Elme jumeau de celui de Villefranche, à Vauban qui s'inspirera lui aussi, sous Louis XIV, du système défensif imaginé et dessiné par Olgiati pour Villefranche.

La citadelle est bâtie sur une éminence rocheuse (le nom de Saint-Elme provient probablement d'une ancienne chapelle présente à cet endroit avant la construction). Le site de trois hectares environ est escarpé, pentu, ceci explique le plan irrégulier et trapézoïdal de l'édifice. Côté montagne, se dressent deux bastions semblables avec seulement au nord des "flancs à orillons". C'est la principale nouveauté de la citadelle, dotée de bastions arrondis rappelant par leur forme le lobe de l'oreille. Ces bastions à orillons se rattachent aux courtines du fort. Pour compléter le système défensif de la citadelle, des échauguette sont placées au sommet des bastions. Circulaires et présentant un léger encorbellement, elles sont caractéristiques du génie militaire italien de la Renaissance. En temps de paix, l'échauguette abrite une sentinelle chargée de surveiller les fossés. En temps de guerre, et dans l'éventualité d'un siège de Villefranche, elle peut être démontée pour ne pas servir de cible aux tirs ennemis. Le procédé architectural sera repris pour le fort du Mont-Alban et tendra même à se généraliser pour les forteresses militaires bâties au cours des années ultérieures. La citadelle est indubitablement une réussite architecturale. Toutefois, au plan stratégique, et au regard de l’histoire, ce formidable outil de dissuasion s’est avéré insuffisant.

A plusieurs reprises (1691, 1744, 1747, 1792), la citadelle Saint-Elme capitule presque immédiatement face aux armées françaises. C’est que la citadelle était sensée être appuyée par le Fort du mont Alban pour résister à une éventuelle attaque par voie maritime. Or, les invasions successives françaises se font par voie terrestre. Le fort du Mont-Alban, trop petit et doté d’une faible garnison, ne peut résister. Une fois investi, le "relais défensif" se retourne contre le chaînon principal du système : la citadelle. Placée en contrebas, menacée par une canonnade terrible, elle est chaque fois obligée de se rendre.

Seul un agrandissement des forts aurait pu en faire des places inexpugnables… Mais la configuration du terrain et le coût empêchent les adaptations nécessaires. Toutefois, à l’instar de Vauban qui admire l'oeuvre géniale d’Olgiati, les troupes françaises respectent la fière et noble citadelle. La forteresse devenue obsolète est sauvée alors que la tour de La Turbie, le fort Saint-Hospice et le château de Nice sont rasés en 1706.

Après avoir été annexé par la France en 1792, le Comté de Nice revient au roi de Sardaigne en 1814. Toutefois, le congrès de Vienne, qui procède à la restauration des monarques de l’Ancien Régime, donne à la Maison de Savoie, la Ligurie (ancienne république de Gênes). Ainsi la façade littorale des "états sardes continentaux" s’étend désormais de Nice à La Spezia. Villefranche n’occupe plus une position stratégique privilégiée et devient un port, une place, parmi tant d’autres… Français depuis 1860 comme la totalité du Comté de Nice, le fort Saint-Elme servira de cantonnement militaire, accueillant le 24e bataillon de chasseurs alpins dans la caserne Gaston-de-Foix. Mais au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, la citadelle de Villefranche est abandonnée. Progressivement envahie par la végétation sauvage, délabrée, la "formidable forteresse" n'est plus qu'une ruine.

En 1965, la ville de Villefranche-sur-Mer l’achète à l’État et le 11 mars 1968, elle est classée à l’inventaire des monuments historiques. Après des hésitations touchant au devenir de l’édifice, une nouvelle municipalité dirigée par Joseph Caldéroni, appuyée par l’association "Renaissance de la citadelle", décide la restauration du site et l’installation d’activités d’intérêt général : administratives, artistiques, culturelles. Le débroussaillement est suivi de travaux de réfection qui débutent en 1979. Des sondages archéologiques sont également effectués et permettent d’exhumer les vestiges liés à la vocation militaire originelle du monument. Un nouvel hôtel de ville est inauguré en mars 1981. Sous la salle des mariages, l’ancienne chapelle Saint-Elme abrite des expositions. Le bastion de La Turbie devient un espace muséologique. Les casemates de jadis sont à présent dominées par les sculptures de Volti. Les musées de Villefranche s’enrichiront progressivement en peintures et gravures (donation Goetz-Boumeester présentée à l’étage de l’ancien bâtiment du casernement), figurines en céramique (collection Roux) et souvenirs du 24e bataillon de chasseurs alpins. Le théâtre de verdure, dévolu au cinéma, aux spectacles et aux festivités, est réhabilité. Un auditorium accueillant des congrès et des conférences universitaires est aménagé habilement dans la vaste citerne d’autrefois. La place d’armes et les fossés de la citadelle sont restaurés.

En 2011, l'association l'académie de Montolivo est crée pour lever des fonds privés auprès de Mécènes pour participer au financement des travaux de mise en valeur de ce patrimoine unique. Cette association travaille avec la Fondation du Patrimoine.

 

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre.

 

Samedi 11 août, à suivre un autre article :

"La roseraie et les jardins de la citadelle" car je ne pouvais pas mettre

toutes les photos dans un seul article.

 

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