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La place de la Halle à Draguignan et sa fontaine

par Nadine de Trans en Provence 16 Mai 2010, 22:00 Fontaines - Lavoirs

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  La place de la Halle au débouché de la Grand Rue avec la fontaine du Marché-Neuf (Carte postale ancienne - 1900)

 

La maison à droite est l'ancienne Halle aux grains. En 1657, le conseil de ville décida de transporter le commerce des grains depuis l'ancienne place du Marché, avec sa table de pierre à mesurer, jusqu'au Marché-Neuf et d'y construire une Halle aux grains. Elle fut construite à l'emplacement de deux maisons achetées en 1661. Mais après transformation, le local changea d'utilisation : on y trouve au début du XVIIIe siècle, un tonnelier et un sculpteur, puis à nouveau les Fermiers du grain jugés moins bruyants. A la fin du XVIIIe siècle, les dracénois passionnés de musique voulurent en faire une Académie musicale. On y donna des concerts, des bals, on y joua la comédie. En 1866, elle devint une école municipale de garçons, et en 1872 le Tribunal de Commerce. Elle est de nos jours occupée par le Service municipal des Associations dracénoises. L'encadrement en pierre de taille de la porte et des fenêtres date de 1749 et provient de l'ancienne mairie, située sur la place du Marché et démolie en 1807.

 

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La Grand Rue de nos jours avec la jolie fontaine du Marché-Neuf restaurée.

Les angelots chevauchant les cygnes ont été supprimés ou ont disparu ? (sur une carte postale de 1926 ils y étaient encore) et un dragon symbole de la ville de Draguignan a été rajouté en son sommet (Photo Nadine).

 

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Le haut de la fontaine vu de plus près (Photo Nadine)

  

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L'ancien Tribunal de Commerce et la fontaine (Photo Nadine)

Entre la circulation et les véhicules garés n'importe comment, j'ai du jongler pour prendre les photos avec en prime les gens qui se demandent pourquoi je prends des photos à cet endroit... C'est pour faire parler les curieux, na !

 

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Voilà, vous avez vu la fontaine sous tous les angles (Photo Nadine)

 

Au Moyen-Age, la ville de Draguignan était enserrée dans ses remparts. Au début du XIVe siècle, la ville se mit à déborder de ses murs devenus trop étroits et l'on édifia à l'endroit dont je vous parle, un "bourg neuf". La place qui fut formée, minuscule à l'origine, à l'ombre du rempart, devint une annexe de celle du Marché. Elle fut appelée "place du Marché Neuf" jusqu'au XVIIe siècle, puis "place de la Halle" après l'intermède révolutionnaire. Elle fut l'objet de préoccupations stratégiques. En 1374, on y creusa un fossé défensif en continuation de la lice*. En 1379, on y éleva une tour carrée qui vint flanquer la muraille, dépourvue d'ouvrage avancé à ce niveau. Cependant, au XVIe siècle, lors des Guerres de Religion, après la prise du pouvoir par le parti catholique, le quartier était encore considéré comme un point faible de la cité. Outre la démolition du cloître des Dominicains, on fit "bastir" (obturer) les portes et fenêtres du Marché-Neuf. En 1613, la place fut dotée d'une fontaine, complétée vingt ans plus tard d'un bassin de forme octogonale et plantée d'ormeaux.

En période de Carnaval, la "placette" était réservée au bals des bassaquets, qui étaient de modestes journaliers. Au XVIIe siècle, on y jouait aux quilles avec une frénésie et des nuisances telles qu'un arrêté de 1643 dut l'interdire pour les dimanche et fêtes. L'ambiance n'était pas plus calme au XVIIIe siècle, les rixes y étaient fréquentes. Telle la bataille rangée qui opposa les paysans, les artisans et les marguilliers** de Sainte Marguerite venus y danser le jour de sa fête. En 1834, on y édifia une halle aux poissons, la "Vieille Poissonnerie", qui fut démolie en 1931. La place de la Halle a été rebaptisée de nos jours du nom d'un héros de la Résistance mort le 15 août 1944, jour de la libération de la Provence : place Roger Fréani.

 

Source : D'après le livre : Draguignan - Pierre Jean Gayrard - Ed. Equinoxe

Texte arrangé et augmenté de mes propres recherches

 

* Lice : Une lice est une palissade qui entoure une fortification. À l'origine, les lices étaient des palissades construites en bois qui entouraient les maisons-fortes et les châteaux. Ce nom a ensuite servi à désigner tout champ ou terrain clos destiné à des tournois ou autres exercices en plein-air. Ces différents usages ont donné naissance à l'expression, "entrer en lice", qui signifie "entrer en compétition".

 

** Marguilier : Le marguillier (du latin matricularis, qui tient un registre) avait, dans chaque paroisse, la charge du registre des personnes qui recevaient les aumônes de l'Église. Il servait d'aide au sacristain, nommait et révoquait les chantres, les bedeaux... Ce n'était pas une profession mais une charge. Un marguillier était un laïc, membre du conseil de fabrique, chargé de l'administration des biens de la paroisse (terres, locations de terres, écoles, rentes et impôts), de veiller à l'entretien des locaux, de tenir le registre de la paroisse et de préparer les affaires qui doivent être portées au conseil. Les membres de ce conseil sont au nombre de trois : un président, un trésorier, et un secrétaire. Chaque année, le conseil de fabrique procédait à l'élection de deux d'entre eux. Le plus ancien était sortant et ne pouvait se représenter.

  Grand-Rue 

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