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Le cours Mirabeau et ses fontaines

par Nadine de Trans en Provence 15 Novembre 2009, 23:00 Architecture - Patrimoine



Représentation du cours Mirabeau en 1795

Le Cours Mirabeau est l'un des axes principaux du centre-ville d'Aix-en-Provence. Il est long de 440 mètres et large de 42 mètres.
C'est en 1649 que le parlement de Provence ordonna à Aix, la construction d'un cours à carrosses à la place du rempart, du fossé et des lices. Le cours faisait aussi place à l'ancien chemin vicinal appelé chemin Saint Lazare. Il devait permettre aux aixois de déambuler remplaçant dans cette fonction la place des Prêcheurs. C'est l'archevêque Michel Mazarin, frère du cardinal de Mazarin premier ministre de Louis XIV, qui, voulant aménager les quartiers sud de la ville, donna naissance au cours Mirabeau.
Le cours coûta 100.000
livres à l'achat. Cette somme, énorme pour l'époque, fut prise en charge par des marchands de biens, des acquéreurs d'emplacements : la ville pour 15.000 livres, les communautés de Provence pour 20 000 livres et le duc de Vendôme,  Louis de Mercoeur y alla de sa particpation.

C'était un enclos long fermé par une épaisse barrière de remparts qui se borda au fil du temps d'hôtels particuliers. Le cours s'achevait par une balustrade, érigée à l'emplacement de l'ancienne enceinte, qui dominait la campagne, les champs et les jardins situés en contrebas de celui-ci.

En 1696, les quatre fontaines qui jalonnent le cours étaient achevées : la fontaine des Neuf-Canons, la fontaine d'Eau Chaude ou fontaine Moussue, la fontaine du Roi René et à son extrémité occidentale, se dressait la plus grandiose d'entre elles, la fontaine des Chevaux-Marins, aujourd'hui disparue.



Le pavillon Vendôme (Photo trouvée sur internet)

Souhaitant d'abord y construire un palais, le duc de Vendôme préféra finalement une "folie des champs". Il fit édifier le
pavillon Vendôme, plus à l'ouest, où il mourut en 1669. Son fils, Louis-Joseph de Vendôme, revendit les terres achetées par son père sur le cours Mirabeau à Pierre de Creissel qui les revendit en quatre lots sur lesquels furent construits quatre hôtels particuliers. 

Le cours était un lieu de promenade, de plaisir et de fêtes magnifiques, telle l'arrivée de son Altesse royale, Monseigneur le comte de Provence, futur Louis XVIII. Il fit son entrée par le cours magnifiquement décoré. Il se rendit à la superbe maison de M. de Poët, un hôtel particulier à l'entrée du cours et vit défiler la bravade et les jeux.

Lors de la "Représentation", les petites gens y étaient à peine tolérés, et l'émoi fut grand lorsqu'en 1748, un limonadier voulut y ouvrir un café : "les Deux Garçons". Il inaugurait ainsi le premier de ces établissements, hauts lieux de convivialité. Le grand cours devint une voie de passage où dès lors défilèrent plus de charrettes que de carrosses.

En 1876, Patrice de Mac-Mahon, troisième président de la République française signa le décret approuvant l'attribution du nom de "cours Mirabeau". On employait jusqu'alors l'expression "Cours" "Cous" en provençal, pour désigner cette voie.

Source : D'après Wikipédia - texte amélioré par moi-même



Sur le cours, il y a deux statues situées de part et d'autre de l'allée centrale (constituée de nos jours par la route). Elles furent toutes deux réalisées en 1883 par le sculpteur aixois François Truphème.



Voici celle de droite qui représente le Groupe allégorique des Industries et des Arts Décoratifs (Photo Nadine)


Celle de gauche représente le Groupe allégorique des Arts et Sciences (Photo Nadine)

Les fontaines du cours :


La fontaine des Neuf-Canons, érigée en 1691 par Laurent Vallon, forme un ensemble de plusieurs vasques superposées alimentées au sommet par un petit jet d'eau et par neuf canons plats.
Sur l’emplacement actuel de la fontaine, se tenait avant la construction du cours, un abreuvoir permettant aux moutons d'Arles qui partaient en transhumance, de se désaltérer, ce qui explique la présence d’une la margelle assez basse. Cet abreuvoir était celui de Saint-Lazare.
Lorsqu'elle fut contruite, son bassin était quadrilobé, c'est-à-dire, composé de quatre lobes dont deux furent coupés pour faciliter le passage des véhicules (un des lobes fut emporté par un char américain en 1944 lors de la libération de la ville).
La végétation qui l'envahit peu à peu laisse difficilement reconnaître les sculptures.


La fontaine d'Eau chaude ou fontaine Moussue provient de la source des Bagniers (du nom de ceux qui s'occupaient des bains), l'eau qui coule est chaude (elle sort à 23°) et l'hiver une légère brume s'en dégage à cause de l'écart de température. On l'appelle également la fontaine moussue car une mousse verte et épaisse la recouvre.



En haut du cours Mirabeau, se dresse le fontaine du Roi René. Elles date des années 1800. Elle est l'oeuvre de Pierre-Jean David dit David d'Angers (1788-1856). Elle représente le roi René avec à ses pieds des livres, tenant une grappe de raisin muscat dans la main gauche et de l'autre son sceptre. Les livres sont là pour rappeler qu'il fut un homme de grande culture, parlant plusieurs langues et protecteur des Arts, des Sciences et des Lettres. Le raisin est là parce qu'il l'aurait introduit en Provence.
(Nota : cette fontaine était en réfection lorsque nous y sommes allés. Je n'ai pu
prendre en photo que la statue du roi René et non la fontaine dans son entier, mais j'ai trouvé cette carte postale ancienne sur internet qui la représente).





Enfin, voici la fontaine qui a donné à Aix un air de grand siècle versaillais :
c'est la fontaine des Chevaux-marins.
Imaginez le cours à carosses fermé par une balustrade avant qu'il ne devienne le cours Mirabeau, débouchant sur la Place de la Rotonde et sa grande fontaine (cette fontaine fera bientôt l'objet d'un prochain article...)

Au-delà s'étendait la campagne. Plus modeste que le bassin d'Apollon à Versailles, la fontaine s'étalait cependant sur toute la largeur de trois allées. Au centre du bassin, un jet d'eau, des grenouilles crachant l'eau, et deux chevaux-marins en plomb attelés au char de Neptune, déversant par la gueule, dit-on l'un de l'eau froide, l'autre de l'eau chaude. Construite en 1728, elle fut démolie, ainsi que la balustrade en 1778. Au débouché de routes importantes, elles furent sacrifiées pour ouvrir l'espace d'entrée dans la cité. Longtemps la place resta en chantier et on regretta le sacrifice des chevaux-marins.
Jean Houel, un peintre normand de passage à Aix en 1773, a laissé à la postérité‚ une gouache qui représente la fontaine (je précise que pour cette fontaine j'ai pris les renseignements sur le site de l'Association des Amis des Fontaines aixoises).


Une jolie porte prise en vitesse sur le cours Mirabeau car nous n'avions pas beaucoup de temps, c'est celle de l'hôtel particulier de Montauron qui date du milieu du XVIIe siècle.
Et je finis avec cette autre porte...


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