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Le gipier

par Nadine de Trans en Provence 17 Janvier 2012, 23:00 Métiers - Activités diverses

   

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A l'époque où personne ne connaissait encore le ciment, lou gip que travaillait lou gipier n'était autre que le gypse, qui se transformait en plâtre dans les mains expertes de ce professionnel. Dans toutes la Provence, l'utilisation de ce matériau était des plus répandu du fait de la présence du minerai de gypse dans les sols, et plus particulièrement ceux de la Haute Provence et des Alpes de Haute-Provence. De nombreuses carrières généralement à ciel ouvert ont été ainsi aménagées sur les effleurements de cette roche tendre, facile à extraire. Il semble que l'usage professionnel du gypse soit né à l'époque gallo-romaine et ait perduré jusqu'au XIXème siècle et de façon plus artisanale jusqu'à nos jours. Ainsi le gipier eut une importance équivalente à celle du maçon qui travaillait la pierre et la chaux.

 

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En effet, si l'on se réfère aux archives notariales on voit que parmi les travailleurs de la terre et de la pierre, les gipiers étaient les plus importants. Leur rôle ne se limitait pas aux enduits et aux belles décorations. le premier travail de cet artisan était d'assurer l'extraction de la roche, sa déshydratation par cuisson (entre 110° et 140°) et son broyage en une mouture plus ou moins fine. Mélangé avec de l'eau et souvent chargé de sable, de chaux, de terre, de sciure ou de gravats pilés, ce plâtre lui servait alors pour le gros oeuvre et les finitions en extérieur. Pour les murs intérieurs, il laissait s'épanouir toute son habileté et son talent pour créer à la main de délicats ornements. Il utilisait alors un mélange plus souple où il avait ajouté du sel, du lait, du sang ou même de la sève de figuier. Il semble bien que comme les maçons et les tailleurs de pierre, le gipier proposait son travail en voyageant de ville en ville et en se présentant dans les villages. Quand il se voyait confier un chantier, il en devenait le responsable, parfois même de toute la construction d'un bâtiment. Il était alors à la fois architecte et maître d'oeuvre. La profession très respectée conférait à cet homme une certaine honorabilité.

 

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A Aix, par exemple, au sein de la confrérie de Notre-Dame-de-Beauvezet, qui regroupait les métiers de la pierre au sens large du terme, se retrouvaient ainsi en bonne place, les maîtres gipiers dont plusieurs firent la renommée de la ville. Avant la Première République, un jeune qui terminait son apprentissage auprès d'un de ces artisans confirmés recevait un truelle, un fil à plomb, une règle et un marteau auxquels était souvent ajoutés une auge pour gâcher le plâtre.

Au fils des siècles, est donc née une authentique culture du plâtre en Provence. Les superbes décors gypsés des nobles maisons, dont ceux des escaliers des vieilles demeures aixoises des XVIème et XVIIème siècles en restent les magnifiques témoins.

 

Source : D'après un texte paru dans l'Almanach des provençaux 2011.

En savoir plus :

  http://www.decorateurs-stucateurs.com/Untitled-10%20stucateurs.html

   

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