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Les surnoms des villages dans le canton de Comps sur Artuby

par Nadine de Trans en Provence 7 Janvier 2010, 23:00 Patronymes - Toponymes


Comps-carte.jpg

Dans le pays de Comps sur Artuby qui possède de nombreuses fermes regroupées, de nombreux hameaux, nous trouvons des sobriquets particuliers à chaque endroit… L’explication et l’origine de ces dénominations n’est pas toujours aisée ni très claire.

A Saint Bayon, on appelait les habitants les "pieds gelés" parce que l’hiver, les congères sur les plateaux et la bise qui souffle ne tiennent guère chaud.

A Guent, c’étaient les "panetiers"car ils mangeaient beaucoup de pain.


Hameau-de-Chardan

Le hameau de Chardan est englobé dans le camp militaire de Canjuers (Photo internet)

A Chardan, les habitants étaient "les plaideurs" parce qu’ils étaient toujours en procès avec quelqu’un.

A l’Avelan, les "saute-mûriers". Est-ce parce qu’il y avait des mûriers à l’Avelan, pourtant pays des noisetiers ?

A Saint Laurent, on appelait les gens les "arracheurs de dents" parce que les mensonges ne leur faisaient pas peur.

A Duou, c’étaient les "brailleurs".

A Endosse, les "conjurés" ou les "toupiniers". Le toupin est un pot de terre utilisé par les guérisseurs parce qu'ils enlevaient les mauvais sorts, les refroidissements, les insolations en faisaint bouillir leur toupin et en disant des prières.
A La Souche, il y avait les "conjounglié" car ils attelaient leurs boeufs avec une sorte de joug appelé "counjoungle".
A Jabron, on fabriquait du broussin ... et on l'appréciait ! Nous avions donc les "broussiniers".
A Verjons, il y avait les "chasseurs de rats", allez donc savoir pourquoi ? Peut-être parce qu'on y faisait beaucoup de blé ?
A Duou comme à Chardan, on plaidait sans cesse "les plaideurs de Duou".
La terre du plateau de Sauvechane est rouge, ses habitants étaient donc des "pieds roux". Ou encore des "mangeurs de poires sauvages" comme dit la chanson :
"Allons à Sauvechane,
Manger les poires sauvages,
S'il n'y en a pas dessous,
Nous monterons dessus..."
Allons voir un peu en dehors de la commune de Comps à présent.
Les habitants du village de La Bastide étaient "les ganaches" parce qu'ils avaient de grosses mâchoires. On dit aussi : "A La bastide, il y a les messieurs et à La Roque Esclapon, il y a les écus".
Ceux de Brenon, c'étaient "les baveux". On sait qu'autrefois se déroulait à Brenon la foire des coups de bâtons... et que si vous n'êtes pas né chanceux, que vous êtes un peu "juste" vous pouvez toujours aller à la "fontaine du bon sens" dont l'eau rend paraît-il... intelligent !
A La Roque Esclapon, on qualifiait les habitants "d'enfumés" ou "d'étuvés" parce que leur four à pain fumait.
Les gens d'Aiguines étaient "les masques" parce qu'ils avaient le mauvais oeil, ou bien encore "les sourciers" parce que dans le temps, il étaient renommés pour trouver l'eau. On disait aussi : "Va te faire tourner à Aiguines" à quelqu'un de tordu ou disgracié, car c'est à Aiguines que se fabriquaient les boules en buis cloutées, ainsi que tous les ustensiles de cuisine en bois tourné (lire mon article à ce propos ICI).
Les habitants de Monteferrat étaient "les mangeurs de salsifis".
Et pour terminer, un proverbe bien connu qui joue sur la ressemblance entre les noms de trois villages :
"Barjols le père,
Bargème la mère,
Et Bargemon l'enfant,
Firent Brovès en passant..."

Pour lire mon article "Brovès, village sacrifié" cliquez ICI.

Source : Revue culturelle provençale Lou terraire.

Comps

Comps sur Artuby (Photo internet)

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