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Procès fait à Trans en 1742 au cadavre d'un pendu

par Nadine de Trans en Provence 14 Avril 2010, 22:00 Trans en Provence


Pendu
On sait que, sous l'Ancien Régime, le suicide était considéré comme un crime. Le suicide est en effet, un homicide volontaire mais d'une caractère un peu particulier, puisque c'est un homicide de soi-même.

  Dans le courant du mois de janvier 1742, près du village de Trans, on trouva un homme pendu à un olivier. Il s’agissait d’un soldat du régiment de Cambrésis, originaire de Draguignan et nommé Jean PASCAL.

Il y avait à l’époque à Trans, une juridiction seigneuriale. Elle comprenait un juge qui était habituellement un avocat ou un gradué en droit de Draguignan. Il était quelquefois remplacé par un lieutenant de juge qui était généralement un bourgeois transian. Enfin, un procureur juridictionnel, généralement lui aussi un bourgeois, représentant le ministère public. Dans le cas de notre pendu, le procureur juridictionnel fit procéder à une enquête, à la suite de laquelle le juge prononça sa décision après avoir pris l’avis de deux gradués en droit.

Voici cette déclaration : "Déclarons Jean Pascal, fils de Jean, soldat au régiment de Cambrésis, atteint et convaincu du cas et crime de s’être deffaict soi meme en se pendant et s’étranglant avec une corde par le col, sur un olivier derrière le village. Pour réparation dudit crime, avons condamné la succession dudit Pascal à cent livres d’amende envers le procureur juridictionnel et le cadavre à être livré entre les mains de l’exécuteur de la haute justice pour le traîner sur une claye (claie) par tous les carrefours de ce lieu et de suite le jeter à la voirie sans sépulture. Mais parce qu’il ne peut être procédé à ladite exécution que de l’autorité de la Cour au siège de Draguignan, ce qui exige trait (sic) de temps, pour obvier à l’infection du cadavre qui pourrait nuire aux habitants, avons ordonné qu’à la poursuite du procureur juridictionnel et aux dépens du Domaine, le cadavre sera incessamment éventré et embaumé, jusqu’à ce qu’il plaise à la cour de statuer sur l’exécution de la présente sentence. Auquel cas, le justaucorps du défunt sera rendu à son capitaine par Pic qui s’en trouve chargé et de la garde du cadavre, lequel en remettant le tout en la force de notre sentence demeurera du tout et valablement déchargé sauf ses frais.

Fait à Trans avant midy, en jugement dans l’auditoire de justice, le 19 janvier 1742".

Le 22 janvier, la Cour prononça un arrêt aux termes duquel elle confirmait la sentence du juge de Trans. Elle y ajoutait que le cadavre resterait pendu par les pieds pendant deux heures à la place publique et ensuite traîné et jeté à la voirie.

Le tout fut exécuté le 26 janvier.


Source : Les Archives de Trans – N° 1 – Jean Barles

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