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Les petits métiers d'autrefois et les cris de la rue


  La marchande de fromages



"Fromage à la crèèèèème" chantonnait la marchande de fromage en tirant sa petite voiture à bout de bras. On se souvient encore de la blouse blanche qu’elle portait lors de ses tournées.

 

 La marchande de brousses

 Les brousses sont des petits fromages frais obtenus à partir du lait de chèvre ou de brebis. La marchande de brousses était souvent originaire du Rove, petit village à proximité de Marseille, célèbre pour la qualité de ses chèvres. Les brousses étaient moulées dans de petites faisselles à la forme d'un cylindre tronqué.
Signalant sa présence grâce à l'utilisation d'une petite trompette, la marchande de brousses a donné naissance à une expression typique de la région marseillaise : "l'heure des brousses".
En effet, comme cette vendeuse ambulante avait l'habitude de vendre sa marchandise tard après le souper, son passage était devenu similaire d'heure tardive, c'est ainsi qu'est née cette expression.


Le marchand de guimauve


"A la guigui, à la guigui, à la guimauve" fredonnait le marchand de guimauve. Dans sa carriole blanche décorée de motifs aux couleurs de la guimauve étaient entassés de gros pots de cuivre renfermant les précieuses confiseries. Dès qu’ils entendaient la chansonnette, les enfants accouraient et les yeux brillants de convoitise, ils montraient du doigt les friandises tant espérées.
"Je veux une mauve"
... et le marchand de guimauve soulevait délicatement le couvercle de verre et sortait les tresses de guimauve.
"Et moi, je veux une noire"... (réglisse)
Sitôt servis et rassasiés, les enfants s’éparpillaient dans le quartier et le marchand refermait le couvercle tout aussi délicatement qu'il l'avait ouvert. Puis, il s’éloignait en reprenant sa ritournelle "A la guigui, à la guigui, à la guimauve"...

 

 Le marchand de tripes

"Des tripes, des tripes"... clamait le marchand de tripes, qui lui aussi, donnait de la voix en parcourant les rues en quête de la clientèle.

 

Le vitrier
 


Figure typique des petit métiers, le vitrier déambulait dans les rues au cri de
"Vi-trier ! Vi-i-i-itrier !". Il portait les vitres sur le dos à l’aide d’un portoir (cela présentait une charge assez importante) ; ses outils consistaient en un marteau (qui lui permettait de clouer ou d’arracher les pointes ainsi que de démastiquer grâce à son manche particulier), un diamant pour découper le verre ainsi qu'un couteau à mastiquer, du mastic et quelques pointes.
Pour se protéger de la poussière et des salissures, il endossait la "blodo", la blouse, de couleur bleue ou noire qui était similaire à celle du charretier.

Le chiffonnier ou estrassaire

"Estrasso", en provençal, veut dire loque ou vieux linge. L’estrassaire est tout simplement le chiffonnier. Ce gagne-petit parcourait inlassablement les rues des villes et villages avec dans sa hotte une multitude de chiffons et autres rebus à vendre ou à récupérer. Outre les chiffons, il récupérait également les peaux de lièvres et de lapins qui, une fois revendues, servaient à la confection de colles et de chapeaux de feutre.

Ou encore


Tous les quinze jours, une petite voiture, tirée par un âne gris, sillonnait les rues des villages. Le conducteur soufflait, de place en place, dans un cornet puis criait à tue-tête : "Les dames d’en bas, les dames d’en haut, descendez vite car je ne monte pas !" C’était le récupérateur de chiffons, de bouteilles et de ferraille. Quelques portes s'ouvraient et des ménagères les bras chargés de sacs de vieux chiffons et de nippes ou d'une caisse pleine de ferrailles ou de verre attendaient sa venue près de leur demeure. Ce dernier les accueillait avec humour, son "peson" à la main pour estimer le poids de la pacotille. Il la payait de quelques pièces de monnaie.

 

 Le marchand de peaux de lapin

 

 

 Le marchand de peaux de lapin annonçait son passage en criant :  "Peaux d’lapin, peaux d’lapin". Il estimait les peaux en les palpant, en tirant sur le poil, ajoutant souvent : "Hum ! ça n'vaut pas grand chose tout ça !". Marius préparait toujours les dépouilles de ses lapins en les faisant sécher sur une fourche de gros rameaux de noisetier qui les distendait "Ainsi, disait-il, elles sont plus grandes et le marchand de piaux les paye plus cher !". Mais, tout le monde ne donnait pas ses peaux. Certains les gardaient pour leur usage personnel. Ils les faisaient sécher et, quand les peaux étaient bien sèches, ils les mettaient dans les chaussons pour avoir plus chaud aux pieds.

L'amoulaire ou le rémouleur



"Je suis le rémouleur, je vais de ville en ville
Parcourant le pays, jusqu'au fond des hameaux
Tout le long du chemin, poussant ma meule agile,
Je crie ;"A repasser, les couteaux, les ciseaux...".

L’amoulaire est tout simplement le nom provençal du rémouleur ou aiguiseur.
Cet artisan ambulant passait deux fois par an, au printemps et à l'automne. Il poussait sa carriole dans laquelle étaient installés ses meules de grès de différentes finesses de grain. Deux pédales en bois animaient une grande roue à gorge qui servait de volant. Ce dernier entraînait rapidement les pierres à aiguiser rotatives. Au dessus de la meule, un petit réservoir rempli d’eau permettait de mouiller le grès pendant la phase d’aiguisage. Pour redresser les lames tordues, notre amoulaire avait fixé sur son banc une toute petite enclumette ainsi qu’un gros marteau. Un toit léger abritait l'ensemble et le rémouleur était assis sur une planche qui lui servait de banc.
L'homme proposait son travail d'affûtage aux villageois pour tous les instruments coupants : couteaux, ciseaux, hachoirs, serpes, faucilles (voulame en provençal), haches, etc... Il exécutait sa tâche, souvent entouré par quelques enfants du village ébahis devant la mécanique rustique qu'il maniait avec dextérité.
Comme l’aiguisage des couteaux ne rapportait guère, il arrondissait ses fins de mois, en affûtant également des lames de scies. Pour cela, il utilisait une lime tiers-point pour affûter les dents de la scie ainsi qu’un tourne à gauche qui lui permettait d’en écarter les dents et de "donner de la voie" à la scie. ("donner de la voie" est une opération qui consiste à écarter les dents de la scie latéralement vers la droite, la suivante vers la gauche et ainsi de suite afin que la sciure s’évacue à chaque coup de scie). Pour se protéger des coupures, un grand tablier de cuir recouvrait ses vêtements.

Le rempailleur de chaises


 
Le rempailleur de chaises, s'installait pour une semaine environ sur la place publique de nos villages ou aux abords des petites villes.
Il se chargeait de la réfection des sièges en paille mais aussi du cannage des chaises. Pour cela, cet itinérant proposait souvent ses services de maison en maison dès son arrivée. Il ne doit pas être confondu avec le chaisier-pailleur qui fabriquait entièrement les chaises. Pour la réfection des sièges, le rempailleur portait toujours sur lui une aiguille à pailler ainsi que de la paille de seigle qui pouvait être tressée de différentes façons. Un rempaillage bien fait était réputé pour durer de nombreuses années. Sa roulotte était garnie sur la toiture et sur l'arrière de bottes d'osier, de joncs, de raphia. Les chaises étaient transportées sur une charrette à bras jusqu'à son campement où il accomplissait le travail. Sa femme vendait des corbeilles et des paniers en osier, des battoirs à tapis, des plumeaux, etc...


  Le rétameur

Comme pour le rempaillage des chaises, les rétameurs faisaient du porte à porte pour collecter les cuillères, fourchettes, louches, casseroles et tous autres objets de ferblanterie pour leur rendre l'éclat qui leur manquait après maintes et maintes utilisations. Ils allumaient leur brasero à l'abri d'une grande tôle et activaient le brasier avec un soufflet de cuir, ils faisaient fondre de l'étain dans un grand chaudron en fonte. Ils nettoyaient les objets à rénover dans divers bains, certainement dégraissants ou acidulés, puis les frottaient énergiquement à l'aide de fines brosses ou bien de chiffons. Ensuite, ils plongeaient à l'aide d'une longue pince, les ustensiles dans le bain en fusion, ne les laissant qu'un très court instant s'enrober d'une couche brillante d'étain. Un coup de peau de chamois, puis ensuite bien talqués, un frottage énergique et les couverts finissaient de briller et pouvaient être rendus à leurs propriétaires moyennant une rétribution somme toute assez modique.

Le marchand d'escoubo ou de balais



Le marchand de balais proposait aux clients des balais de types divers tels que des balais de bruyère (de bruga en provençal), de paille de riz, de fibres de cocotier et une gamme de balayettes, de têtes de loup au manche démesuré dont on se servait pour enlever les toiles d'araignées dans les angles des plafonds et les charpentes des greniers. L'intérieur de sa roulotte était garni de rayons où s'entassaient des pièces d'étoffes multicolores, des rideaux, de la mercerie (fil, boutons de toutes sortes, aiguilles, agrafes, lacets, courrejons (vient de courroie - lacets de cuir pour les gros souliers), élastiques, rubans de couleur, dentelle, etc...) des bibelots variés et des piles de serpillières (serpillière = pièce chez nous).

Le petit ramoneur

 


Originaire de Savoie ou du pays Gavot (Basses-Alpes), le petit ramoneur sillonnait les rues et les villages à la recherche de cheminée à ramoner. Le petit ramoneur ne se déplaçait jamais seul mais toujours en groupe d'enfants de son âge sous la direction d'un maître ramoneur.
Ces enfants issus de familles nombreuses très pauvres, étaient recrutés pour une durée d'une année.
Pour nettoyer les cheminées de haut en bas, l'enfant ramonait avec un hérisson (sorte de brosse ronde métallique), mais pouvait aussi grimper à l'intérieur du conduit de cheminée, une petite échelle lui permettant d'accéder à l'ouverture.
Toujours vêtu de hardes trop grandes pour lui, un grand bonnet sur la tête le protégeait de la suie.
Le petit ramoneur était souvent accompagné d'une marmotte ; cet animal lui était très utile pour l'aider à dégager le hérisson lorsque celui-ci était coincé dans le conduit de cheminée.
Le métier de ramoneur était très dur ; il était à la fois dangereux (risque de chute ou d'allergie à la suie) et très mal payé. Le petit ramoneur vivait dans des conditions difficiles, l'argent récolté étant intégralement récupéré par le maître ramoneur qui ne reversait aux familles qu'une somme correspondant à la "location" de l'enfant. Puis, suite aux lois interdisant le travail des enfants, les méthodes d'opérer changèrent et le petit ramoneur disparu de nos villes.

 

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