
Le costume masculin provençal, tout comme le féminin, est lié au lieu, à la condition sociale, au métier. Bergers avec la lourde pèlerine (roupo) et le bonnet brun, pêcheurs au bonnet
rouge pendant sur l'arrière, en caban et bottes de cuir montées sur des sabots de bois, paysans au large chapeau retroussé en pointe sur l'avant ou au chapeau de paille aux larges ailes, alors
que le bourgeois arbore le calitre (qui est en forme de décalitre) ou le mié-calitre.

Homme portant la taiolle
Beaucoup portent la taiolle, une large et longue ceinture de tissu tournant plusieurs fois autour de la taille, de gros souliers ferrés et des guêtres de peau, sans bas, attachées sous
le genou par une jarretière de couleur rouge ou verte.
Au XVIIIe siècle, l'habit ordinaire du bourgeois des villes et celui du dimanche pour le paysan est le vêtement "à la française", c'est-à-dire la culotte descendant jusqu'aux genoux avec des
guêtres de peau ou de longs bas de laine, un gilet ajusté descendant jusqu'à la ceinture et par-dessus un habit de drap grossier, large et légèrement pincé à la taille, prolongé par deux basques
plus ou moins longues. Les manches se terminent par de grands parements garnis de boutons. Dans les campagnes, par commodité, la culotte, plus facile à porter pendant le travail, va longtemps
résister au pantalon. Elle est accompagnée l'été d'une simple chemise au col rabattu. A la ville, la blouse, venue de la campagne, est devenue fréquente chez l'artisan et l'ouvrier après 1830.
Elle reste encore à la fin du XIXe siècle, le vêtement du roulier, du maquignon, du berger, et, plus généralement, le cache-poussière qu'on revêt pour les déplacements. Quelques accessoires comme
le couteau recourbé à la ceinture, la bourse de peau pour le tabac, la pipe (cachimbaou) et la pierre à feu (peyrar) accompagnent la tenue ordinaire du paysan, du pêcheur comme
aussi de l'artisan.
Les santons et les pastorales ont largement contribué à fixer dans l'imagerie populaire les costumes de la Révolution à la monarchie de Juillet, repris par les différents groupes folkloriques de
Provence.
Source : D'après l'Almanach de la Provence - Pays et terres de France - Editions Larousse.

Bourgeois d'Arles portant le tricorne - fin du XVIIIe siècle

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