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Les étangs de Villepey à Fréjus

par Nadine de Trans en Provence 19 Mai 2009, 22:00 Lieux - Villages - Villes

 


Les étangs de Villepey forment (avec l'embouchure du Var) une des rares zones humides littorales comprises entre la Camargue et l'Italie. Ils s'étendent sur une surface de 259 hectares. Ils ont été formés dans le delta de l'Argens au sud de Fréjus par les divagations du fleuve au fil des siècles et par les activités humaines d'extraction de sable.
Le remblaiement de la basse vallée de l'Argens est un phénomène relativement récent. A l'époque romaine, la zone des étangs n'existait pas. Depuis 2000 ans, la plage s'est avancée sur la mer d'environ 1 200 mètres.

L'espace lagunaire s'est constitué peu à peu, au gré des apports du fleuve et de ses divagations.

 


Embouchure de l'Argens (Photo Nadine)

Jusqu'aux années 1960, les principales activités exercées sur le domaine ont été agricoles et pastorales. La végétation des secteurs situés au nord et à l'ouest des lagunes a donc été très modifiée. Les cultures ont remplacé la végétation des milieux humides : vignes, vergers et champs cultivés se sont étendus
.

Les surfaces ne pouvant être cultivées car souvent saumâtres, ont été longtemps pâturées. C'est peut-être la raison de la disparition des boisements sur les secteurs non inondés et les ripisylves (voir les explications de ce mot à la fin de l'article).

Sur cette zone humide et très riche du point de vue biologique, les habitants de Fréjus ont toujours chassé et pêché.

Ces espaces naturels sont remarquables du fait des échanges continus entre les eaux douces et les eaux marines et sont constitués d'une mosaïque de milieux spécifiques, tels que étangs, lagune, vasière, sansouire (voir l'explication de ce mot à la fin de l'article), prairies humide et sèche, dunes, ripisylve, pinède.

Ce vaste éventail d'habitats favorise la présence d'une flore et d'une faune diversifiées et particulières, et constitue les éléments d'un paysage exceptionnel.


Vue sur l'étang (Photo nadine)

La flore :

La particularité du site est d'être constitué d'une mosaïque de milieux ce qui implique une grande variété végétale :

- le milieu dunaire abrite de nombreuses plantes remarquables et pour beaucoup protégées : citons par exemple l'échinophore épineuse, le panicaut bleu, le lys de mer, le silène de Nice, etc...
- Les zones de transition entre eaux saumâtres et terre sont notamment riches en plantes halophiles caractéristiques des près salés et de la sansouire : la salicorne, l'obione, l'inule faux crithme, la saladelle, l'aster maritime.
- On rencontre dans les parties boisées et les prairies sèches de nombreuses orchidées telles que les sérapias, céphalanthère, ophrys et orchis.


Etang sauvage (Photo Nadine)

La faune :

Le grand intérêt du site est ornithologique : 220 espèces d'oiseaux ont été recensées et cette zone humide joue un rôle important lors des passages de migration. Limicoles et échassiers fréquentent les abords de la vasière, les flaments roses et de nombreuses espèces de canard et de grèbes profitent de la lagune. On rencontre également sur l'ensemble du site, sternes, passereaux, rapaces, etc...

A cette richesse ornithologique s'ajoute une faune plus discrète mais tout aussi intéressante avec la tortue cistude, ragondins et autres petits mammifères... La variété des milieux est également propice à une entomofaune remarquable avec des spécimens de coléoptères rares. Enfin, les poissons fréquentant les étangs sont autant d'eaux douces, en provenance de l'Argens que d'eaux de mer.

Source : D'après le site du Conservatoire du Littoral

Ripisylve : La forêt riveraine, rivulaire ou ripisylve (étymologiquement du latin ripa, "rive" et sylva, "forêt") est l'ensemble des formations boisées, buissonnantes et herbacées présentes sur les rives d'un cours d'eau la notion de rive désignant l'étendue du lit majeur du cours d'eau non submergée à l'étiage. Les ripisylves sont généralement des formations linéaires étalées le long de petits cours d'eau, sur une largeur de 25 à 30 mètres, ou moins. 


Sansouire
: Du provençal sansouiro, salé. Ensemble de vastes espaces stériles couverts d’efflorescences salines, inondables, recouverts de salicornes. On distingue :
la sansouire ouverte qui est une étendue fortement salée où pousse essentiellement la salicorne à gros épis et la sansouire fermée où poussent la salicorne ligneuse, la soude, la saladelle...

 

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