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Le vallon de Saint Barthélémy à Salernes

par Nadine 7 Avril 2009, 22:00 Lieux - Villages - Villes




Le site de Saint Barthélémy (Photo Nadine)

Cet étroit vallon a été creusé il y a fort longtemps par les eaux d'un petit torrent qui s'est depuis bien assagi. Il coule à présent tranquillement et accueille en son lit de belles écrevisses. Les anciens ont même eu l'idée de capter une partie de son eau et de l'emmener, via un canal, dans les terres fertiles qui forment le bassin de Salernes.

Ce vallon se trouve à un kilomètre au nord de Salernes. On y accède, au départ du village, en se rendant dans un premier temps au lieu-dit La Cabrière par une petite route. A ce niveau, la route coupe la départementale et poursuit en face. C'est par là qu'il faut aller, jusqu'au bout, où un parking attend les voitures des visiteurs.

Le soleil se fait discret dans ce vallon très encaissé. Le chemin remonte le cours du ruisseau sur 200m et débouche sur une belle clairière ombragée et dominée par de hauts rochers escaladés de lierres. L'herbe y est généreuse et les arbres élancés. Sur la gauche, dort l'étang de Saint Barthélémy, tout contre une falaise. Les joncs et les peupliers s'y plaisent à se mirer dans cette onde immobile. Et les gens aiment à y venir pour une journée pique-nique.
Une légende est associée à cet étang (lire la légende à la fin de l'article).


Chapelle Saint Barthélémy (Photo Nadine)

Il ne faut que quelques pas de plus pour aperçevoir la resplendissante chapelle dédiée à Saint Barthélémy qui trône sur son rocher. Dépassant un peu au-dessus des frondaisons, elle bénéficie des chauds rayons du soleil. Cette chapelle a été érigée au XVIè siècle et a été transformée au cours du XIXè siècle.

Le vallon se poursuit vers le nord en se rétrécissant. Il se transforme rapidement en défilé d'une nature sauvage. L'eau a façonné les hautes parois : on y voit des concrétions de travertin et des abris sous roche plus ou moins profonds.
Si, à présent, on ne rencontre plus grand monde dans ces ternes profondeurs, il en était autrement au cours de la période du Néolithique (6000 à 2000 av. J-C) : on a retrouvé dans une des grottes des ossements humains portant des stries de silex. Il semble ne faire aucun doute qu'il s'agit là d'un témoignage d'anthropophagie. Une douzaine de squelettes, des adultes et des enfants ont ainsi été étudiés. Les corps ont été dépecés et désossés. Certains os ont été brisés pour en extraire la moëlle très appréciée. Doit-on attribuer ce cannibalisme à une pratique religieuse associée au culte des morts ou à une période de grande famine ?
Ce qui est sûr, c’est que l’on a découvert des faits similaires un peu partout en Europe.
Cependant, il s’agit bien d’un caractère exceptionnel et ponctuel.

On peut aussi noter la présence du Trou du Loup. Il s'agit d'un passage creusé dans la roche par l'eau, une sorte de conduit coudé de 3 mètres de long, pas facile à atteindre pour les petites jambes. Il se situe dans la partie sombre du vallon au niveau des grottes après un gué. Un court sentier y conduit, puis il faut s'aider des bras et des jambes pour pénétrer dans ce trou et ramper jusqu'à sa sortie qui se trouve au-dessus.




Voici la légende dont je vous ai parlé plus haut :


Au pied des rochers, dont les sommets s'irisent au point du jour des couleurs les plus tendres et sous la verdure, coule la jolie source de Saint Barthélémy. À une époque fort lointaine où les nymphes des bois se baignaient dans les eaux de la source, les dieux d'alors, jaloux de leur beauté et pour en défendre l'accès aux mortels, coupèrent les rochers à pic. Et lorsque de séduisants chevaliers vinrent sur les bords de l'onde, les nymphes disparurent, les plongeant dans un profond désarroi. Pris de pitié pour ces malheureux humains, les dieux les changèrent en peupliers. C'est depuis ce jour que des arbres grandissent sur les berges.

 

     
(Photos et diaporama de Nadine)

 
 
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