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La sardine qui a bouché le port de Marseille

par Nadine de Trans en Provence 22 Avril 2009, 22:00 Histoire - Petites histoires de la Provence





C'est une galéjade marseillaise très connue que l'histoire de la sardine qui a bouché le port de Marseille. Mais connaissez-vous l'explication de cette galéjade ?
Je vais vous la conter :


Paul François Jean Nicolas vicomte de Barras

C’est Paul François Jean Nicolas vicomte de Barras, né à Fox-Amphoux dans le Var le 30 juin 1755, qui raconte l’histoire dans ses mémoires. Le jeune homme s'engage comme cadet dans le régiment du Languedoc dès l'âge de 16 ans. En Juin 1776, il est aux Indes en tant qu'officier du régiment de Pondichéry, un régiment d'infanterie de Marine. Capturé par les Anglais en 1778, et libéré, en vertu d'un accord d'échanges de prisonniers, il fut rapatrié sur une frégate de la Marine de Louis XVI.

Le navire sur lequel il embarqua se nommait Le Sartine. Il portait le nom d'Antoine Raymond Juan Gualbert Gabriel de Sartine, comte d’Alby, qui fut de 1774 à 1780, Secrétaire d'État à la Marine. Le Sartine était une frégate marchande construite en 1775, transformée en vaisseau de guerre.


Antoine de Sartine

Pour le garantir de toute attaque des navires britanniques, le vaisseau devait naviguer sous un "pavillon de trêve" encore appelé "pavillon parlementaire" destiné à assurer l’inviolabilité des navires qui transportaient des prisonniers. Ce pavillon était composé d’un grand pavillon de poupe de couleur blanche doublé du pavillon de l’ennemi, plus petit et plus bas.
Le Sartine aurait donc dû, pour naviguer sans risque, arborer un pavillon blanc doublé d’un pavillon anglais plus petit et plus bas.


Selon les mémoires de Paul de Barras : "Les pavillons de trêve arborés, nous fîmes voile pour le cap de Bonne-Espérance : on y prit des vivres et l’on s’y radouba. Après une heureuse traversée, à la hauteur du cap Saint-Vincent (au sud du Portugal), nous fûmes ralliés par un vaisseau de guerre anglais (le Romney) qui croisait à cet endroit. Il lâcha une bordée, vira de bord et dirigea le feu de mitraille sur notre bâtiment sans défense, et bien que nous eussions les pavillons de trêve, neuf hommes et notre capitaine furent tués... Le feu continuait, le vaisseau criblé et faisant eau de toutes parts, allait être submergé. Je m’avisais d’abattre le pavillon français de poupe et le feu cessa aussitôt".


Le port de Marseille

Le 1er mai 1780, Le Sartine était très endommagé. C'est le second, Roubaud, qui avait pris le commandement du navire. Le 5 mai, il décida de faire relâche dans le port de Cadix pour effectuer les réparations les plus urgentes. Le 9 mai, le navire quittait Cadix après qu'on eût effectué des réparations de fortune pour lui permettre de ralier Marseille. Le Sartine arriva au large de Marseille le 19 mai 1780.
La frégate française qui était un navire imposant, finit par couler dans le chenal à l'entrée du Vieux-port de Marseille ce qui empêcha pendant un certain temps l'accès et la sortie du port à tous les autres navires.
Chose curieuse qui est à souligner, le blason de la famille Sartine, créé bien avant cet évènement, et qui figure dans les armoriaux, est : "d’or à la bande d’azur chargée de trois sardines d’argent". Cela ne s'invente pas !

Si vous voulez en savoir plus sur Le Sartine, consultez le site : L'odysée de la frégate "Le sartine" ICI


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